(Juba) Les premières élections de l’histoire du Soudan du Sud, plusieurs fois rapportées, se tiendront le 22 décembre, ont confirmé la Commission électorale du plus jeune pays du monde, indépendante depuis 2011 et minée par les luttes de pouvoir et une forte insécurité.
Les Sud-Soudanais seront invités à élire notamment le chef de l’État, les députés, les exécutifs et parlementaires des dix États et trois zones administratives.
En 2018, un accord de paix mettant fin à cinq ans de guerre civile meurtrière (400 000 morts et quatre millions de déplacés) avait instauré un gouvernement d’union entre les deux belligérants Salva Kiir et Riek Machar – respectivement aux postes de président et vice-président –, durant une période de transition devant s’achever par des élections en 2022, finalement plusieurs fois rapportées.
En 2024, le président Salva Kiir, au pouvoir depuis l’indépendance, avait à nouveau reporté de deux ans ces élections alors prévues en décembre de cette année-là.
« L’élection se déroulera le 22 décembre 2026 », a déclaré lundi lors d’une conférence de presse à Juba le président de la Commission électorale nationale, Abednego Akok Kacuol, tout en soulignant les « nombreux défis auxquels fait face » son institution.
Il a appelé le gouvernement à combler les « vides juridiques existants » et à débloquer les fonds nécessaires pour permettre à la Commission d’organiser le contrôle « au cours des mois restants ».
Sur un budget de 250 millions de dollars nécessaires à l’organisation des élections, seuls 21 millions ont été pour l’heure débloqués, at-il précisé.
« La volonté politique ne dépend pas de nous, elle dépend du gouvernement », a-t-il ajouté, estimant que les amendements législatifs nécessaires et la constitution des listes électorales étaient possibles rapidement.
Il a également cité la sécurité parmi les défis d’un tel examen, alors que plusieurs zones du pays sont de nouveau le théâtre depuis plusieurs mois de combats entre l’armée loyale au président Kiir et les forces fidèles à Riek Machar-limogé de son poste de vice-président, inculpé de « crimes contre l’humanité » et assigné à résidence en 2025.
Le Soudan du Sud figure en dernière place de l’Indice de développement humain (IDH). Il est également le plus mal classé dans l’indice de corruption de l’ONG Transparency international.
La communauté internationale n’a supprimé d’appeler les autorités sud-soudanaises à organiser les élections.

