Une étude publiée le 29 juillet dans la revue scientifique Royal Society Open Science conclut que les systèmes de production d’œufs biologiques en plein air pourraient générer davantage d’émissions de gaz à effet de serre que les élevages en cage. Des résultats qui suscitent déjà de nombreuses réactions.
Les produits issus de l’agriculture biologique sont souvent reconnus pour leurs bénéfices en matière de santé, notamment grâce à une utilisation réduite de pesticides et de produits chimiques. Ils sont également associés à une meilleure préservation des sols, de la biodiversité et des ressources en eau. Toutefois, tous les systèmes de production biologique n’ont pas nécessairement le même impact sur le climat.
C’est la conclusion d’une étude publiée le 29 juillet dans la revue scientifique Royal Society Open Science, intitulée « The cost of animal welfare policy changes in UK egg production » (« Le coût des changements de politique axés sur le bien-être animal dans la production d’œufs au Royaume-Uni »).
Les chercheurs ont comparé plusieurs modes de production d’œufs au Royaume-Uni afin d’évaluer leurs émissions de gaz à effet de serre. Selon leur modélisation, si l’ensemble de la production d’œufs britannique était assuré exclusivement par des élevages biologiques en plein air, les émissions atteindraient environ 2,316 millions de tonnes de CO₂, contre environ 1,884 million de tonnes dans un scénario reposant uniquement sur des élevages en cage.
Pourquoi une telle différence ?
Selon les auteurs de l’étude, les poules élevées en agriculture biologique produisent en moyenne moins d’œufs au cours de leur cycle de production. Il faut donc davantage de poules, davantage d’aliments et plus de ressources pour produire une même quantité d’œufs.
« Les systèmes biologiques en plein air ont généralement un impact environnemental plus élevé, car ils présentent une productivité moindre et des besoins alimentaires plus importants », explique la docteure Harriet Bartlett, l’une des coautrices de l’étude.
Les chercheurs soulignent également que le taux de mortalité des poules est généralement plus élevé dans les systèmes biologiques en plein air, ce qui contribue également à réduire leur efficacité de production.
Une étude à interpréter avec prudence
Les auteurs rappellent toutefois que leurs travaux présentent plusieurs limites. Les données utilisées proviennent d’exploitations britanniques et ont été recueillies entre 2009 et 2010, ce qui signifie que les pratiques agricoles ont pu évoluer depuis.
Par ailleurs, l’étude ne porte pas uniquement sur les émissions de gaz à effet de serre. Elle ne prend pas en compte d’autres critères environnementaux importants, tels que la biodiversité, l’utilisation des pesticides, la qualité des sols ou la protection des nappes phréatiques, domaines dans lesquels l’agriculture biologique présente souvent des avantages reconnus.
Ainsi, si cette étude remet en question l’idée selon laquelle les œufs biologiques seraient systématiquement meilleurs pour le climat, elle ne conclut pas que les élevages biologiques sont globalement moins respectueux de l’environnement. Elle souligne plutôt qu’en matière de développement durable, les performances environnementales doivent être évaluées selon plusieurs critères et non sur les seules émissions de carbone.

