
Par difficulté à avoir un rendez-vous médical ou pour tout simplement pour gagner du temps, on peut être tenté par l’automédication, c’est-à-dire le fait d’avoir recours à des médicaments sans avis médical. Il s’agit parfois de soigner de petits maux, tels que la rhume, une migraine ou des troubles digestifs passagers… L’automédication peut aussi consister à la prise d’antibiotiques sans prescription, au recours à des médicaments périmés ou contrefaits. Surdosage, antibiorésistance, interactions médicamenteuses… Quels sont les risques de l’automédication ?
En cas de céphalées ou de maux de gorge, le réflexe est d’aller rechercher dans sa propre armoire à pharmacie le cachet ou le sirop, qui permettra de trouver le soulagement. L’automédication, acheter ou s’administrer un traitement, sans consultation médicale, est une pratique courante. Mais du côté de l’automédication responsable, attention aux imprudences dommageables pour la santé, d’où l’importance d’identifier les situations à risque qui peuvent entraîner plusieurs complications ou effets indésirables.
Les limites de l’automédication
Pour certains profils de patients, l’automédication est à éviter. C’est le cas pour l’enfant de moins de six ans, les personnes âgées de plus de 70 ans, chez la femme enceinte ou encore les malades chroniques, qui suivent déjà au long cours un traitement médicamenteux.
Chez ces derniers, la prise simultanée de plusieurs médicaments sans avis médical peut entraîner des interactions indésirables.
Il faut également mettre en garde contre l’utilisation de produits dits naturels (huiles essentielles, compléments alimentaires, remèdes traditionnels…) qui peuvent interagir avec d’autres préparations et/ou être mal tolérés.
Identifier les risques
L’automédication peut également exposer à une réaction allergique, car de nombreux médicaments sont désignés par des noms ou des marques qui ne permettent pas nécessairement d’identifier la molécule active.
Même s’ils sont en vente libre, certains médicaments présentent davantage de risques que d’autres, comme l’aspirine, de certains traitements de la rhume, des anti-inflammatoires et du paracétamol. L’automédication peut également poser un problème en termes de surdosage, véritable de consommation de substances (alcool).
Les mises en garde concernant l’automédication visent également la prise d’antibiotiques, y compris lorsque l’on termine une boîte entamée pour des symptômes a priori voisins. Ce recours abusif aux antibiotiques est l’un des facteurs majeurs de l’antibio résistance, qui expose au développement de bactéries ultra-résistantes.
Et dans certains contextes, l’achat de médicaments sur Internet ou sur la voie publique, expose aux contrefaçons et à l’absence de composé actif. Ces médicaments non sécurisés pourraient être falsifiés constituant en eux-mêmes un problème de santé publique.
Avec :
-
Pr François Chastprésident honoraire de l’Académie nationale de Pharmacieancien pharmacien des hôpitaux de Paris
-
Dr Cédric Ouanekponenéphrologue et directeur médical du premier centre de dialyse à Bangui, le Centre national d’hémodialyse (CNH) au sein du centre national hospitalier universitaire de Bangui
-
Dr Valérie GbononMaître de Recherche en Bactériologie-Virologie, responsable de la Plateforme de Génétique moléculaire de l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire et responsable adjointe de l’unité des antibiotiques du Centre National de Référence de la résistance des antimicrobiens en Côte d’Ivoire
En fin d’émission, nous rétrouvons la chronique sexualité de Noëlle Cayarcysexologue à Paris.
► Toutes les chroniques sont accessibles ici.
Programmation musicale :
► Diodo Strausz – Montagne magique
► Mouyanga – Ba mambangue

