À l’occasion de la fête de l’Agriculture et du Travail ce 1er mai, la Ferme Latortue a réalisé la quatrième édition de sa foire agricole. Cet événement poursuit une logique visant à encourager la production locale bio pour réduire la dépendance alimentaire du pays vis-à-vis de l’extérieur.

Delmas, le 2 mai 2026-
Dans un contexte national marqué par l’insécurité et les difficultés économiques, la quatrième édition de la foire agricole de la Ferme Latortue s’impose comme un symbole de résilience et d’engagement en faveur de la production nationale. À travers cette initiative, l’entrepreneur agricole Youri Latortue a rencontré en avant une vision claire : promouvoir une agriculture locale, durable et capable de soutenir l’économie haïtienne.
« Aujourd’hui, je ressent une grande fierté », confie-t-il d’entrée de jeu. « Nous avons présenté des produits locaux, bien préparés, bien présentés. Tout est local. Et cela prouve que, malgré les difficultés, nous avançons. »
Sur les stands, œufs, produits transformés et denrées agricoles témoignent du savoir-faire local. Une vitrine qui, selon l’entrepreneur, dépasse le simple cadre d’une exposition. « Ce que nous montrons ici, c’est la capacité des Haïtiens à produire, à créer de la valeur, à faire vivre une économie nationale », insiste-t-il.

La production nationale comme levier de développement
Au cœur de cette foire agricole, un message revient avec insistance : la production nationale est la clé du développement d’Haïti. « Je le dis toujours : la production nationale est la base du développement du pays », martèle Youri Latortue.
Pour lui, il ne s’agit pas uniquement d’agriculture, mais d’un écosystème plus large. « Les jeunes produisent du beurre de cacahuète, du chocolat, fabriquent des sandales. C’est toute une chaîne de production qui se met en place : artisanale, agricole, agro-industrielle. »
Cette dynamique, explique-t-il, permet de réduire la dépendance du pays aux importations et de stimuler l’économie locale. « La production nationale, c’est la production de biens. Et c’est la seule voie vers le développement durable du pays. »
L’entrepreneur souligne également l’importance de valoriser les produits biologiques. « Tous les produits présentés ici sont naturels, sans engrais chimiques. Nous faisons le choix d’une production saine, respectueuse de l’environnement et bénéfique pour la population. »

Entre défis sécuritaires et espoir pour la jeunesse
Malgré cet élan, les défis restent nombreux. L’insécurité constitue, selon Youri Latortue, un frein majeur au développement du secteur agricole. « C’est un problème réel qui doit être résolu. Sans sécurité, il est difficile de produire et d’investir », reconnaît-il.
Toutefois, il garde un discours optimiste. « Nous parlons aujourd’hui de succès. Malgré les difficultés, nous sommes là. Nous continuons à produire, à avancer, à croire en ce pays. »
L’entrepreneur met particulièrement en avant le rôle de la jeunesse dans cette dynamique. « Ce que les jeunes Haïtiens réalisent aujourd’hui donne de l’espoir. Ils prouvent que, même dans un contexte difficile, il est possible de construire quelque chose de solide. »
Pour lui, la production nationale est aussi un combat collectif. « Si certains abandonnent, d’autres prennent le relais. C’est une lutte continue pour renforcer l’économie du pays. »
En conclusion, la foire agricole de la Ferme Latortue ne se limite pas à un événement ponctuel. Elle s’inscrit selon les responsables de l’entreprise dans une démarche plus large visant à repositionner la production locale au cœur du développement national. Un appel à l’action lancé à tous : producteurs, consommateurs et décideurs.
Jean Allens-Macajoux
Vant Bèf Info (VBI)
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