Au lendemain de son élection à la tête du Réseau d’entraide des militants du PDCI-RDA (REM-PDCI-RDA), Kouakou Marchal Ballou a profité de sa cérémonie officielle d’investiture, samedi 11 juillet 2026 à la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, pour préciser les ambitions de cette nouvelle structure. Face aux interrogations soulevées par l’absence des principaux dirigeants du parti à la cérémonie, il a tenu à lever toute ambiguïté : le REM-PDCI-RDA ne constitue ni un mouvement de contestation ni une structure opposée à la direction du PDCI-RDA.
Interrogé sur l’absence constatée des responsables nationaux du parti, certains observateurs et voyant un signe de rupture avec la direction conduite par Tidjane Thiam, Marchal Ballou a rejeté toute lecture conflictuelle.
« Notre préoccupation actuelle est celle des militants de base. La raison d’être de ce Réseau est d’aider des militants qui, aujourd’hui, se sentent orphelins. Le PDCI-RDA a toujours été un parti fondé sur la solidarité et l’entraide. C’est cet héritage que nous voulons faire revivre », at-il expliqué.
Le nouveau président a rappelé qu’il demeure un militant engagé du parti et qu’il avait lui-même participé au congrès ayant consacré l’élection de Tidjane Thiam.
« Je n’ai aucun problème avec le président du parti. J’ai participé au congrès qui a validé son élection et nous lui avons apporté notre soutien lorsqu’il le fallait. Je ne me suis jamais attaqué à sa personne. Nous créons simplement un mouvement destiné aux militants de la base, qui, selon nous, n’ont pas suffisamment d’espaces pour faire entendre leurs préoccupations. »
Pourquoi les dirigeants du parti n’étaient-ils pas présents ?
Répondant à une autre question, Marchal Ballou a indiqué que les responsables du PDCI-RDA n’avaient tout simplement pas été conviés à cette rencontre, la cérémonie étant avant tout destinée aux militants de terrain.
« Ceux qui étaient concernés par cette assemblée étaient les militants de base. C’est à eux que nous nous adressons. Voilà pourquoi les dirigeants du parti n’ont pas été invités.
À la question de savoir si la direction du PDCI-RDA avait été informé de la création du REM-PDCI-RDAle président a assuré que toutes les démarches statutaires seraient respectées.
« Le PDCI-RDA a toujours compté plusieurs mouvements de soutien. C’est une pratique ancienne. Les mouvements se constituant d’abord avant de présenter probablement leurs textes au parti. Dès la semaine prochaine, nous transmettons les actes constitutifs du Réseau aux responsables du PDCI-RDA. »
Il a précisé que plus de 700 militants ont participé à la création du mouvement et qu’un important travail de terrain est déjà engagé.
« Nous identifions les difficultés rencontrées par les militantsnotamment dans les zones rurales où la pauvreté est particulièrement présente. Notre objectif est d’apporter des solutions concrètes aux préoccupations de la base. »
L’un des passages les plus commentés de son discours concernait l’absence prolongée du président du PDCI-RDA.
Invité à préciser sa pensée, Marchal Ballou a insisté sur le fait qu’il ne remettait nullement en cause la légitimité de Tidjane Thiam.
« Nous avons simplement posé un constat. Tout le monde sait que le président du parti est absent depuis un certain temps. Dans une famille africaine, lorsque le père est longtemps absent, cela suscite naturellement des interrogations. Cela ne signifie pas que quelqu’un cherche à prendre sa place. »
Le président du REM-PDCI-RDA a estimé que cette situation devait conduire les cadres du parti à renforcer leur solidarité envers les militants.
« Nous voulons encourager les responsables à venir davantage en aide aux militants qui se sentent parfois délaissés. C’est une démarche conforme à nos valeurs africaines de solidarité. »
Interrogé sur certaines décisions prises par Tidjane Thiamnotamment en matière de nominations, Marchal Ballou a refusé toute polémique.
« Le Réseau n’a pas vocation à commenter les décisions du président du parti. Il a été élu conformément aux textes et exerce les prérogatives qui sont les siennes. Nous n’avons pas à juger de sa gouvernance. Je suis moi-même membre du Bureau politique et je respecte les institutions de notre parti. »
Au-delà des discours, le nouveau président du REM-PDCI-RDA a voulu traduire son engagement en actes.
À l’occasion de son investitureil a procédé à une remise importante de dons destinés aux différentes composantes du parti.
Les bénéficiaires ont reçu, 1 000 bons de permis de conduire entièrement financés au profit des militants du PDCI-RDA30 motos destinées à faciliter les activités génératrices de revenus, 30 tricycles pour soutenir l’insertion économique des bénéficiaires, 3 millions de FCFA répartis entre les trois structures de jeunesse du parti, 2 millions de FCFA attribués aux deux structures féminines du parti. PDCI-RDA5 millions de FCFA remis à l’Association des élus et cadres du Grand Centre.
Selon Marchal Ballouces initiatives illustrent la vocation première du REM-PDCI-RDA : remplacement la solidarité au cœur de l’action politique.
« Nous avons commencé par offrir des permis de conduire parce qu’ils constituent souvent le premier diplôme permettant à un jeune d’accéder à un emploi. Nous voulons répondre à des besoins concrets et améliorer les conditions de vie des militants », at-il expliqué.
À travers la création du Réseau d’entraide des militants, Marchal Ballou affirmer vouloir contribuer à la revitalisation du PDCI-RDA en privilégiant le dialogue, la solidarité et la proximité avec la base.
Sans se positionner contre la direction actuelle, il entend faire du REM-PDCI-RDA un instrument d’assistance sociale, d’écoute et de mobilisation des militantsconvaincu que le renforcement de la cohésion interne constitue l’un des principaux défis du plus ancien parti politique de Côte d’Ivoire.
Wassimagnon
Par Koaci
