Après huit ans comme ministre des Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney a annoncé lundi qu’elle quitterait ses fonctions d’élue dès le 5 juin.
Dans une publication sur les réseaux sociaux, la fille aînée de l’ancien premier ministre canadien Brian Mulroney explique sa décision par une réflexion amoureuse après la mort de son père, il y a deux anset par le départ de ses enfants de la maison familiale. « Ce sont des moments qui nous rappellent l’essentiel », at-elle écrit, ajoutant qu’il était temps pour elle de « tourner la page sur la vie politique élective et d’entreprendre un nouveau chapitre ».
Caroline Mulroney avait fait son entrée en politique provinciale en 2018, d’abord en tentant de prendre la tête du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario, finalement accordée à Doug Ford. Élue la même année dans la circonscription de York-Simcoe, au nord de Toronto, elle a occupé plusieurs fonctions au sein du gouvernement Ford, dont celles de procureure générale, de ministre des Transports, de ministre des Affaires francophones et de présidente du Conseil du Trésor.
Dans son message, Mmoi Mulroney a insisté sur son attachement à la francophonie ontarienne. « Ce fut un privilège de cheminer à vos côtés. (…) La société franco-ontarienne n’est pas une clientèle politique à gérer. Elle constitue l’une des forces vives de notre province et de notre pays », at-elle écrit.
Elle a aussi remercié chaleureusement Doug Ford, à qui elle a dit avoir annoncé sa décision dimanche. « Et continuez de travailler votre français. Je sais que vous en êtes capable ! », lui a-t-elle lancé.
Le premier ministre ontarien lui a rendu hommage dans un message publié en ligne, affirmant qu’il regretterait de ne plus la voir siéger à la table du Conseil des ministres et aux réunions du caucus. Il a également décrit Caroline Mulroney comme une « amie personnelle proche », ajoutant que « la politique coule dans (ses) veines ».
Un mandat marqué par une crise franco-ontarienne
Le passage de Caroline Mulroney aux Affaires francophones a commencé dans la controverse. Quelques mois après l’arrivée au pouvoir des progressistes-conservateurs, le gouvernement Ford avait annoncé l’abandon du projet d’Université de l’Ontario français et l’abolition du Commissariat aux services en français, dont les responsabilités ont depuis été transférées à l’ombudsman de la province.
Ces décisions avaient provoqué une importante mobilisation dans la communauté franco-ontarienne. Après plusieurs mois de négociations, l’Ontario et Ottawa avaient finalement conclu une entente permettant la création de l’Université de l’Ontario français qui a accueilli sa première cohorte en septembre 2021.
Mmoi Mulroney s’est également félicitée de la modernisation, en 2021, de la Loi sur les services en français, réclamée depuis plusieurs années par des acteurs du milieu, dont l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).
En réaction à son départ, le président de l’AFO, Fabien Hébert, a salué « la fin d’un chapitre important pour la francophonie ontarienne ».
« Sous son leadership, des avancées importantes ont été réalisées dans plusieurs dossiers qui relèvent de l’Ontario français. Que ce soit en santé, en éducation, en développement économique, en immigration, en appui au milieu communautaire ou sur le plan du rayonnement international, Caroline Mulroney aura contribué à faire avancer des dossiers dont les retombées continueront de se faire sentir pendant de nombreuses années », a-t-il déclaré.
Et maintenant ?
Caroline Mulroney n’a pas précisé quel serait son prochain défi professionnel.
Son nom a déjà circulé à quelques reprises dans les spéculations entourant la direction du Parti conservateur du Canada. Il avait été évoqué après l’annonce du départ d’Andrew Scheerà la fin de 2019, avant la course remportée par Erin O’Toole en 2020. Il avait aussi refait surface après l’éviction de M. O’Toole, en 2022, lors de la course qui a finalement été portée. Pierre Poilievre à la tête du parti.
Dans les commentaires sous sa publication, plusieurs internautes l’ont d’ailleurs appelés à faire le saut en politique fédérale. « Carrière au fédéral ? Je nous le souhaite à tous ! », a écrit l’un d’eux. « J’espère la voir un jour cheffe du PCC », a ajouté un autre.
Pour l’instant, l’élue sortante n’a donné aucune indication sur la suite de sa carrière.
Ce reportage bénéficie du soutien de l‘Initiative de journalisme localfinancée par le gouvernement du Canada.

