Une “journée de mobilisation” est organisé mardi 7 avril, avec un rassemblement prévu à 14h aux abords de l’Assemblée nationale, précise un communiqué commun du collectif “Santé publique en danger” et des syndicats de l’agence réunis en intersyndicale (CGT, CFDT, UNSA, SNAPA).
Depuis janvier, les personnels de l’agence et leurs représentants s’inquiètent de la “décision du gouvernement de récupérer des missions essentielles” de SdF : celle-ci perdrait la main sur des campagnes de prévention ainsi que sur la gestion des stocks stratégiques et de la réserve sanitaire, qui seront “transférés” au ministère de la Santé et à la Caisse nationale d’assurance maladie.
“La décision du gouvernement de transférer directement une partie des missions fondatrices de l’agence sous la coupe du ministère de la Santé a été pris de manière unilatérale, en toute opacité et sans fondement scientifique”, s’alarment-ils.
“Après l’annulation de campagnes de prévention sur l’alcool, le rejet par l’Assemblée nationale du projet de loi visant à rendre obligatoire l’affichage du Nutri-Score, le blocage de la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat, cette décision affaiblit encore la santé publique et la prévention, en ouvrant le champ à la pression des agendas politiques et des lobbies”, affirme-ils. Ils craignent notamment que soient “passer(és) sous silence les sujets de santé sensibles tels que santé sexuelle, addictions”.
“L’abandon pur et simple de ce projet”
Le collectif d’agents et l’intersyndicale demande “l’abandon pur et simple de ce projet gouvernemental”, dénonçant une décision prise “sans débat transparent, contradictoire” et fondé sur l’expertise scientifique.
Voiture “les agences sanitaires ont été créées à la suite de scandales sanitaires pour être des structures indépendantes du pouvoir politique, transparentes et collégiales : elles ont pour missions d’éclairer scientifiquement les décisions politiques sans en dépendre ni subir la pression des lobbies.”
Pour le gouvernement, il s’agit d’un “recentrage” de Santé publique France qui vise une meilleure efficacité”,” avait justifié le 17 février la ministre de la Santé Stéphanie Rist devant les députés.
Un collectif de 350 acteurs de santé publique a déclaré mi-février cette réorganisation de SpF, appelant à préserver son rôle dans les campagnes de prévention, dans une tribune dans Le Monde.

