La santé publique de Montréal s’inquiète de l’augmentation de la violence vécue dans les écoles, particulièrement chez les adolescents, avec des impacts importants sur leur santé mentale et leur réussite scolaire.
Les données de l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire (EQSJS) montre que la proportion de jeunes qui ont affirmé vivre au moins une forme de violence est passée de 36 % en 2016-2017 à 41 % en 2022-2023.
La hausse est particulièrement marquée chez les filles : en 2022-2023, 38 % d’entre elles ont rapporté avoir vécu de la violence, contre 32 % en 2016-2017 et 31 % en 2010-2011.
Chez les garçons, la tendance est conservée plus stable et oscille entre 47 % en 2010-2011, 40 % en 2016-2017 et 44 % en 2022-2023.
En entrevue, l’auteure du rapport a émis « plusieurs hypothèses » pour expliquer cette augmentation.
« Les deux grandes choses sur lesquelles on veut continuer de travailler, c’est d’une part les impacts de la COVID. On sait que la (pandémie) et les fermetures d’écoles ont eu des impacts sur la violence que les enfants ont pu vivre, mais aussi sur les niveaux de violence quand le retour dans les classes en présentiel a été fait. La deuxième chose, c’est évidemment les réseaux sociaux. (…) Les filles ont eu des manières d’investir ces choses-là qui ont été un peu plus marquées que chez les garçons », a expliqué Ariane De Palacio, agente de recherche à la santé publique de Montréal.
L’intimidation, les menaces et la violence physique s’ajoutent à d’autres formes comme la violence sexuelle, éducatives et pédagogiques ou encore systémiques.
Mme De Palacio rappelle également que le fait d’être victime de violence en milieu d’éducation a des impacts importants sur la santé et la réussite de ces adolescents : anxiété, dépression, consommation problématique de substances psychoactives, faible estime de soi, sentiment de sécurité dégradée, comportements à risque, etc.
« On voit que les facteurs associés, par exemple, à une santé mentale moins bonne ou une détresse psychologique plus élevée sont effectivement plus présents chez les filles que chez les victimes garçons. »
Un problème de santé publique
Si elle croit qu’il faut « se garder d’être trop sur le bouton panique », Mme De Palacio estime cependant qu’il faut prendre le taureau par les cornes et s’attaquer sérieusement au problème.
« De fait, ça va être une génération de filles qui a besoin de peut-être plus d’accompagnement, de ressources aussi, qui a besoin de parents qui sont compréhensifs, à l’écoute, qui sont investis dans la vie de leurs jeunes. (…) ça va être une génération qui va avoir besoin peut-être d’un petit peu plus de ressources et de soutien. »
Pour la santé publique, le problème « est assez sérieux pour avoir un impact sur la santé et le développement des jeunes » et que des mesures de prévention et de soutien pour les jeunes sont nécessaires.
L’étude de l’EQSJS a été menée par l’Institut de la statistique du Québec auprès de 5800 élèves à Montréal, de la 1re à la 5e secondaire.
Écoutez l’entrevue complète dans la vidéo ci-dessus.

