L’Iran a été déclaré jeudi 7 mai en toute fin de soirée des attaques américaines dans le détroit d’Ormuz et le sud du pays. Des explosions ont également été entendues au-dessus de Téhéran. Mais Washington se défend d’avoir violé le cessez-le-feu et évoque des frappes « de légitimes défense ».
L’essentiel
- La guerre en Iran est entrée dans son 70 jour ce jeudi 8 mai 2026. Après les attaques contre trois de leurs destroyers dans le détroit d’Ormuz, les États-Unis ont répliqué avec des frappes contre des installations militaires iraniennes. De son côté, l’Iran accuse Washington d’avoir violé le cessez-le-feu en visant un pétrolier et un autre navire près du détroit, ainsi que d’avoir frappé le sud du pays avec l’aide des alliés régionaux, et affirme avoir riposté en infligeant des dommages importants aux forces américaines. Malgré ce regain de tensions, Donald Trump a affirmé, hier soir, auprès de journalistes que cette “brouille” ne remettait pas en cause le cessez-le-feu. Le président américain a toutefois menacé Téhéran de représailles plus « dures et violentes » si un accord n’était pas rapidement signé.
- Au Liban, Israël poursuit ses attaques contre le Hezbollah malgré le cessez-le-feu en vigueur. Une frappe israélienne a tué, ce vendredi, un secouriste dans le sud du Liban, annonce la Défense civile dans un communiqué. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a “vérifié 152 attaques contre des structures de santé, qui ont fait 103 morts et 241 blessés” dans le pays depuis le début de la guerre le 2 mars. Par ailleurs, des discussions entre le Liban et Israël sont prévues les 14 et 15 mai à Washington, selon un responsable du département d’État américain.
- Le détroit d’Ormuzl’axe maritime par lequel transite d’ordinaire 20% de la consommation mondiale de pétrole, est toujours bloqué. Les États-Unis et des pays du Golfe (Bahreïn, Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Koweït) ont appelé jeudi le Conseil de sécurité de l’ONU à exiger que l’Iran cesse d’entrer dans la navigation. Un projet de résolution en ce sens est toutefois menacé de veto par la Russie. La France a pour sa part déployé porte-avions Charles-de-Gaulle en direction de la zone, avec l’objectif de se prépositionner en vue d’une potentielle mission visant à rétablir, sans prendre parti dans la guerre en Iran, la navigation dans le détroit d’Ormuz.
- Bilan humain. Selon le groupe de défense des droits HRANA basé aux États-Unis, la guerre en Iran, au Liban et au Moyen-Orient a provoqué la mort de 3 500 personnes. Au Liban, 2 702 victimes sont recensées et 8 311 blessés, d’après l’Agence nationale de l’information (NNA).
En direct
12h08 – Pas d'”annulation massive” de vols cet été, assure le ministre des Transports
Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, affirme qu’aucune « annulation massive » de vols n’est prévue cet été, malgré l’augmentation du prix du kérosène. Invité sur Europe 1 et CNews, il a précisé que seules quelques compagnies, comme Volotea (1 % des vols) et Transavia (2 %), pourraient être légèrement touchées.
Selon lui, les transporteurs – notamment français, dont Air France – maintiendront leurs programmes : “Les plans de vol seront respectés et les Français pourront partir où ils le souhaitent. Et surtout, à l’inverse, des touristes du monde entier pourront venir en France”, a-t-il assuré.
10h16 – Au Liban, un secouriste tué dans le sud du pays par une frappe israélienne
Dans un communiqué, la Défense civile a rapporté qu’une frappe israélienne a tué un secouriste dans le sud du Liban, ce vendredi 8 mai. Le secouriste “a été visé par une frappe israélienne sur la route entre Rachaya et Kfarchouba”, est-il écrit selon BFMTV.
Ce drame intervient au lendemain de la mort d’un ambulancier du Comité islamique de la santé, affilié au mouvement pro-iranien Hezbollah.
En savoir plus
Le début de la guerre en Iran, lancé par les Etats-Unis et Israël
Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une opération militaire conjointe de frappes sur l’Iran. Côté israélien, l’opération est nommée “Roaring Lion” (Lion rugissant), côté américain “Epic Fury” (“Fureur épique”). Les objectifs vont du renversement du régime à l’affaiblissement du programme nucléaire iranien, en passant par la destruction des capacités militaires de la République islamique, jugées comme une menace, notamment par Israël.
En plus de cibler l’arsenal iranien, la coalition israélo-américaine va mener une campagne d’élimination des dirigeants iraniens. Un nombre important de personnalités politiques du régime sont tuées dès les premières heures du conflit, dont le guide suprême Ali Khamenei. Son fils Mojtaba Khamenei, qui a repris le flambeau le 8 mars 2026, a lui aussi été ciblé et son état de santé va rapidement faire l’objet de spéculations.
La réplique de l’Iran et la contagion au Liban et au Moyen-Orient
Dès le 28 février 2026, l’Iran a répliqué aux frappes des Etats-Unis et Israël, en lançant des centaines de drones et missiles balistiques vers Israël et vers les bases militaires américaines dans le Golfe, en Jordanie, au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, en Irak, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.
Dans la nuit du 1er au 2 mars, en réponse à la mort d’Ali Khamenei, le Hezbollah, allié de l’Iran, a lancé depuis le Liban des salves de roquettes et de drones vers le nord d’Israël. L’armée israélienne a qualifié cette offensive de « déclaration de guerre officielle » et a lancé une vaste campagne de bombardements au Liban.
Le 2 mars 2026, l’Iran a fermé le détroit d’Ormuz, bloquant instantanément de nombreux navires de fret et pétroliers, et suspendant une partie importante du trafic pétrolier mondial. L’Agence internationale de l’énergie a qualifié cette fermeture de “plus forte perturbation d’offre de l’histoire”.

