« Toujours sur la route » depuis sa quatrième et dernière médaille remportée aux Jeux de Milan-Cortina, en février, Courtney Sarault n’a réellement mesuré l’impact de ses performances en patinage de vitesse sur courte piste qu’à son retour dans sa ville natale de Moncton, au Nouveau-Brunswick.
À l’aréna Arthur-J.-LeBlanc de Dieppe, où elle a fait ses débuts, des enfants, submergés par l’émotion, ont éclaté en sanglots lorsqu’elle est lieu leur faire une surprise sur la glace lors d’un entraînement en mars. Sarault a ensuite passé près de deux heures à discuter avec eux et à prendre des photos.
Le lendemain, la Ville de Dieppe a installé une bannière dans l’aréna pour souligner ses exploits olympiques. Le jour suivant, la Ville de Moncton a invité la population à se rassembler au centre-ville, devant le centre Avenir.
Malgré le froid et la neige, plusieurs personnes ont fait la file pour passer quelques minutes avec la double olympienne de 25 ans.
C’était un moment vraiment spécial, a confié Sarault, qui vit et s’entraîne à Montréal, lors d’un passage mardi aux bureaux de Radio-Canada/Radio-Canada à Toronto. Je ne réalise pas l’impact que j’avais eu sur la ville. Voir les gens venir m’encourager malgré la météo, c’était incroyable.
Je pense que ça a duré trois ou quatre heures de photos. Ensuite, j’ai effectué une mise au jeu protocolaire lors d’un match des Wildcats de Moncton
at-elle poursuivie.

Les admirateurs étaient nombreux à s’être déplacés afin de pouvoir rencontrer Courtney Sarault, une athlète originaire de Moncton, à l’occasion de son retour à la maison en mars dernier.
Photo : Radio-Canada / Katherina Boucher
Au cours de ce séjour, Sarault a également visité son ancienne école secondaire, où les élèves et les membres du personnel avaient organisé, environ un mois plus tôt, une séance de visionnement pour suivre sa tentative de remporter une cinquième médaille olympique en Italie.
Elle se souvient notamment d’une élève passionnée par la musique qui lui a confié que ses réalisations lui donnaient l’impression qu’elle pouvait aussi réussir dans l’industrie musicale, même en venant de Moncton.
Ça a fait rêver les gens un peu plus grand, et c’est un peu pour ça que je suis ici. Je suis heureux que ce soit le message que je transmette, puis d’inspirer les gens à voir plus grand et à poursuivre leurs rêves.
Une première expérience olympique difficile en 2022
À Milan, Sarault une réussite l’argent au 1000 m et au relais mixte sur 2000 m, en plus d’ajouter le bronze au 500 m et au relais féminin sur 3000 m.
Quatre ans plus tôt, lors de ses débuts olympiques, à Pékin, le scénario a été bien différent. Son meilleur résultat était une 4e place au relais féminin sur 3000 m. Elle avait également conclu au 6e rang au relais sur 2000 m, puis en 11e place aux 1000 et 1500 m.
C’était ma pire compétition, de loin (…) Ça arrive à beaucoup de gens lors de leurs premiers Jeux olympiques (…) Ça m’a transformé et ça a donné naissance à une nouvelle version, améliorée, de moi-même
at-elle expliqué.

Courtney Sarault n’avait pas obtenu les résultats espérés aux Jeux de Pékin.
Photo : Reuters / Evgenia Novozhenina
Sarault avait pourtant connu une bonne saison 2021-2022, notamment avec une médaille d’argent au 1500 m lors d’une Coupe du monde à Dordrecht, aux Pays-Bas. Elle admet toutefois avoir été naïve et convaincue qu’elle allait monter sur le podium olympique.
Ça s’est très mal passé, at-elle dit au sujet des Jeux de 2022. C’était ma pire compétition, à un moment où l’on est censé être à son mieux (…) Les gens disent que c’est une expérience d’apprentissage, mais pour moi, ce n’était pas le cas. J’étais dans le déni. Ça m’a forcée à me remettre en question et à devenir une meilleure version de moi-même.
Si je n’avais pas vécu ça, je n’aurais peut-être pas connu le succès à Milan, parce que j’ai traversé des moments difficiles qui m’ont poussé à me remettre en question et à réfléchir à ce que je devais améliorer.
J’ai vécu une période difficile, et ce moment m’a fait réaliser à quel point je voulais réussir. Je me devais de m’en sortir, de devenir meilleure et de montrer ce dont j’étais capable parce que j’avais encore beaucoup à offrir. Mais c’est à toi de décider si tu le veux vraiment
a continué Sarault.
Plutôt que de traverser cette période seule, Sarault a consulté un psychologue du sport pour aborder ses insécurités, ce qui lui a permis de progresser.
Neuf médailles en Coupe du monde
Peu après les Jeux de Milan-Cortina, Sarault a contribué à la récolte d’une médaille d’argent du Canada au relais mixte sur 2000 m aux Championnats du monde de courte piste, à Montréal, après avoir participé aux quarts et aux demi-finales.
Le 30 novembre dernier, la Néo-Brunswickoise est devenue la première Canadienne à remporter le classement général du circuit mondial de courte pisteà Dordrecht. Elle ya décroché l’argent au 1500 m, avant de s’imposer au 500 m, pour porter son total à neuf médailles, soit cinq d’or, trois d’argent et une de bronze, en quatre étapes.

Courtney Sarault a mis la main sur le globe de cristal féminin en courte piste la saison dernière.
Photo : Getty Images / ANP/AFP/IRIS VAN DEN BROEK
Médaillée à 12 reprises aux Championnats du monde, Sarault a déjà envisagé de passer au longue piste, mais elle affirme vouloir continuer en courte piste jusqu’aux Jeux de 2030, à Nice et dans les Alpes françaises.
À ses deuxièmes Jeux olympiques, elle s’est dite impressionnée par sa capacité à gérer la pression et les attentes à Milan.
C’était ma rédemption. Je ne voulais pas laisser personne ni rien m’empêcher d’être la meilleure version de moi-même. J’ai donc tout fait pour arriver à ces Jeux dans la meilleure forme possible.
Aux derniers Jeux, j’avais l’impression que l’événement me contrôlait. À Milan, c’est moi qui contrôle la situation. Je me sens bien mentalement tout au long de la compétition, et j’ai aussi pris plaisir à patiner
conclut Sarault.
