Universités, souveraineté et innovation : PSL revendique un rôle stratégique pour la France et l’Europe
Un an après son élection, le président de l’Université Paris Sciences & Lettres (PSL) a dressé un bilan dense et volontaire lors d’une conférence de presse consacrée à l’avenir de l’enseignement supérieur et de la recherche. Au cœur de son propos : une conviction forte, martelée tout au long de l’intervention — les universités de recherche sont devenues des acteurs clés de la souveraineté technologique, économique, sanitaire et culturelleen France comme en Europe.
Une université qui a changé de nature

«Il y a vingt ans, les universités françaises ont changé de nature », affirme El-Mouhoub Mouhoud, président de PSL. Si la formation reste leur mission première, leur rôle ne se limite plus à l’enseignement et à la production de connaissances. Les universités sont désormais des lieux d’innovation, d’intégration sociale, de diversité et de transformation de la société.
Ce changement est encore insuffisamment compris, à regret, y compris par certains décideurs politiques, au moment même où se profilent de nouvelles tensions budgétaires sur l’enseignement supérieur et la recherche. Une inquiétude d’autant plus forte que, selon lui, la loi de programmation de la recherche (LPR) a produit des effets positifs mesurables, aujourd’hui menacés par des réductions de crédits ou des mesures non compensées.
Souveraineté technologique : la recherche publique en première ligne
Contrairement à une idée reçue, le président de PSL insiste sur le fait que les innovations de rupture ne viennent pas majoritairement du secteur privémais des laboratoires publics de recherche. Intelligence artificielle, nouveaux matériaux, biotechnologies ou encore applications militaires : l’amont technologique est largement issu de la recherche universitaire.
Les dispositifs comme les LABEXdevenus de grands programmes de recherche, ont selon lui démontré leur efficacité. Des évaluations économiques montrent une hausse de 20 % de l’intensité de R&D privée dans les territoires concernés. À PSL, ces dynamiques se traduisent par 14 grands programmes de recherche, 80 start-up accompagnées chaque année — dont 20 % en technologies de rupture — et environ 65 brevets déposés par an.
PSL, une université globale et pluridisciplinaire
Avec ses 140 laboratoires, ses écoles d’ingénieurs, ses établissements d’art, ses institutions spécialisées comme l’Observatoire de Paris ou l’Institut Curie, PSL revendique un modèle d’université globale et pluridisciplinairecapable de croiser sciences, ingénierie, arts, humanités et sciences sociales.
Classée dans le top 40 mondial des grands classements internationaux, PSL tenue massivement des étudiants et chercheurs étrangers, notamment au niveau doctorat. Près de 80 % des doctorants sont internationauxun atout pour l’attractivité scientifique française et européenne.
Ressources propres : un effort, pas un substitut à l’État
Autre singularité de PSL : 50 % de ressources propres dans son budget consolidé. Un chiffre souvent mal interprété, insiste le président. Ces ressources — issues des appels à projets, partenariats industriels, formations en apprentissage ou valorisation de la recherche — sont le fruit d’efforts de productivité considérables.
Elles ne peuvent en aucun cas remplacer l’investissement public. «Les ressources propres sont un effet de levier, pas un substitut», rappelle-t-il, soulignant que l’investissement public dans une université de recherche est l’un des plus louables qui soientavec une insertion professionnelle quasi immédiate des diplômés de master.
Les « Ecoles de Paris », vitrine de la stratégie PSL
L’un des piliers du programme présidentiel est la création des Ecoles parisiennesformations internationales adossées à la recherche de pointe et portées partagées par plusieurs établissements de PSL.
La Ecole d’Intelligence Artificielle de Parislancé en 2025, en est le premier exemple. Elle couvre tout le spectre, de la licence au doctorat, en passant par la formation continue, et repose sur une approche combinant l’IA « pure » et l’IA appliquée aux autres disciplines.
Suivront dès 2026 la Ecole d’Ingénieurs de Parispuis d’ici 2028 la Ecole du Changement Climatique et de la Biodiversité de Parisla Ecole des Arts de Paris et là Ecole des Sciences Humaines de Paris. Toutes reposent sur un modèle d’excellence ouverteavec des droits d’inscription progressifs selon les revenus, afin de concilier qualité académique, équité et diversité sociale.
International : une diplomatie académique assumée
Enfin, PSL revendique une stratégie internationale offensive. Partenariats avec les meilleures universités mondiales, ouverture de centres de recherche conjoints à l’étranger — comme à São Paulo sur l’économie circulaire —, implantation en Afrique ou participation à la Académie universitaire mondiale pour accueillir chercheurs et étudiants réfugiés : l’université se veut un acteur de souveraineté diplomatique par la science.
Dans un monde fragmenté et instable, PSL entend démontrer qu’il est possible de conjuguer excellence académique, inclusion sociale, innovation de rupture et responsabilité collective. Un message clair précisé aux pouvoirs publics à l’heure des arbitrages budgétaires : affaiblir les universités de recherche, c’est fragiliser durablement la souveraineté du pays.
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