Le symbole est fort : en 2024, les surfaces agricoles biologiques de Bourgogne-Franche-Comté sont repassées sous la barre des 10 % de la surface agricole utile régionale. Selon l’Observatoire régional de l’agriculture biologique, au 31 décembre 2024, la région comptait 239 487 hectares bio ou en conversion, pour environ 3 600 exploitations.
Mais derrière ce chiffre global se cache une dynamique nettement négative. Depuis 2022, 260 fermes se sont dé-certifiées, représentant près de 18 000 hectares retournés au conventionnel.
L’année 2025 a marqué un tournant supplémentaire. Pour la première fois, non seulement les surfaces reculent (–2,5 % en un an), mais le nombre total de fermes bio diminue également. Jusqu’alors, la création de nouvelles exploitations compensait, en nombre, les sorties du dispositif. « Ce n’est plus le cas », constate Laurent Barle, directeur de Bio Bourgogne-Franche-Comté. La région n’est pas une exception : elle suit une tendance nationale, mais illustre avec acuité les fragilités d’un modèle pourtant au cœur des discours publics sur la transition écologique.

