Le ministère de l’Agriculture brésilien tire la sonnette d’alarme. Dans une note interne consultée par Folha de São Paulo, ses services techniques parlent d’un « risque extrêmement élevé » pour le secteur des engrais, en conséquence de la guerre au Moyen-Orient – une région qui en assure entre 20 et 30 % de la production mondiale – et au blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite un tiers du trafic maritime mondial de ces engrais, dont les prix sont déjà en hausse.
Superpuissance agricole, le Brésil affiche une «forte dépendance» aux marchés extérieurs : principal acheteur d’engrais du monde, il importe environ 85 % de ce qu’il consomme, ce qui le rend, dans ce domaine, « très vulnérable aux chocs extérieurs ».
Dans ce contexte, les autorités brésiliennes alertent sur une « menace de pénurie » de certains engrais lors des semis du deuxième semestre. En première ligne, les cultures de soja, de maïs, de canne à sucre et de café, des denrées dont le pays est le premier exportateur mondial.
Inflation alimentaire en vue ?
Parce que si la part des engrais provenant du Moyen-Orient reste limitée – environ 16 % pour les engrais azotés, parmi les plus utilisés au Brésil –, les agriculteurs devront « très probablement payer plus cher » pour s’approvisionner ailleurs, se “disputer des chargements

