
Marcel Benabou publie un essai hommage consacré à François Le Lionnais, créateur de l’OULIPO, l’ouvroir de littérature potentielle.
François Le Lionnais, “FLL” était un ingénieur, mathématicien et écrivain est né en 1901 et disparu en 1984. Il est surtout connu pour avoir été le “fraisident-pondateur” de l’Oulipo (l’Ouvroir de Littérature Potentielle) en 1960 avec l’écrivain Raymond Queneau. Ce mouvement réunit des écrivains, des traducteurs, des universitaires, dont Marcel Benabou fut longtemps le “secrétaire définitivement provisoire” avant de cumuler cette fonction avec celle de “secrétaire provisoirement définitif”. Dans cet essai, Marcel Benabou commente en quelque 400 pages les poèmes de François Le Lionnais, qui visaient à être le plus court possible puisque telle était son ambition.
François Le Lionnais était un passionné par les liens entre sciences, mathématiques et littérature, il a joué un rôle clé dans la promotion d’une approche ludique et contrainte de la création littéraire, où les auteurs utilisent des règles formelles (comme les lipogrammes ou les palindromes) pour stimuler leur imagination.
Il a peu écrit : des poèmes avec le minimum de mots, le minimum de lettres, et même, sommet de la réduction, un poème sans lettre. » Il disait de lui-qu’il avait même une certaine « constipation de plume » “Symétriquement, j’ai voulu commenté de manière la plus longue possible ces très courts poèmes” nous explique Marcel Benabou. Ainsi, il nous raconte les dessous du poème composé du seul mot “Fenouil” ou de la réduction d’un poème à une seule lettre “T”. : une lettre qui a finalement tant de choses à dire et qui ouvre un très grand champ d’interprétations…
FLL est notamment l’auteur de La Littérature potentielle (1973), un ouvrage fondateur coécrit avec Raymond Queneau, qui explore les contraintes formelles comme outil de création littéraire. On lui doit aussi Les Nombres remarquables (1983), un livre dédié aux propriétés mathématiques singulières, ou encore Le Deuxième Manifeste de l’Oulipo (1973), où il théorise les principes de ce mouvement. Par ailleurs, il a fait des essais sur les échecs, comme L’ouverture française (1935), et des textes plus personnels, tels que Le Temps (1963), mêlant réflexions scientifiques et philosophiques.
L’Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle) est un groupe littéraire fondé en 1960 par le mathématicien François Le Lionnais et l’écrivain Raymond Queneau. Ce dernier a déjà beaucoup publié dont le fameux Zazie dans le métroce ne sont donc pas des jeunes gens en mal de reconnaissance et d’aventures ! Leur objectif est d’explorer les possibilités de la création littéraire à travers des contraintes formelles, souvent inspirées des mathématiques ou des jeux de langage. Ces contraintes, comme l’écriture sans la lettre e (lipogramme) dans La disparition de Georges Perec ou la structure en s+7 (remplacer chaque substantif d’un texte par le septième suivant dans un dictionnaire), stimule l’imagination et donne naissance à des œuvres originales.
Inviter : Marcel Benabou, né en 1939 au Maroc, est un écrivain et historien français, membre de l’Oulipo depuis 1970. Il en était le “secrétaire définitivement provisoire” avant de cumuler cette fonction avec celle de “secrétaire provisoirement définitif” Ses travaux littéraires s’inscrivent dans la tradition oulipienne, utilisant des contraintes formelles pour explorer des thèmes comme le langage, la mémoire et la création. Parallèlement à son activité d’auteur, il a mené une carrière d’historien, spécialisé dans l’Antiquité romaine. Ses ouvrages, tels que Pourquoi je n’ai écrit aucun de mes livres (1986) ou Jette ce livre avant qu’il ne soit trop tard (1992), illustrent son approche à la fois structurée et réflexive de l’écriture.
Aux franges du silence, glose pour FLL est publié aux éditions du Seuil.
Programmation musicale : L’artiste Dali avec le titre Fort Parler.

