
Alors que la liberté de la presse est fragilisée à travers le monde, la journaliste Florence Dauchez publie Le Prix du journalismeun livre décliné d’un podcast. Dans L’Atelier des médiaselle revient sur ce projet patrimonial – il est diffusé par l’INA – dans lequel onze lauréates du prix Albert-Londres racontent les coulisses du métier et leur engagement absolu pour l’information.
Face à un contexte de guerre informationnelle et de défiance croissante d’une partie des publics contre les médias, Florence Dauchez un conçu Le Prix du journalisme comme une archive nécessaire pour les générations futures. Pour elle, il s’agissait de « capturer cette mémoire pour en faire précisément une mémoire comme on enfermait des trésors dans une amphore ». Son objectif est clair : laisser une trace de cette pratique du grand reportage, du terrain, car « si le journalisme disparaissait, cette forme-là serait quelque part ».
« Compléter le récit »
Le choix de réunir exclusivement des lauréats du prix Albert-Londres permet de mettre en lumière une approche souvent plus sensible de l’actualité. Florence Dauchez souligne l’avantage stratégique de ce regard : « Nous avons accès à cet univers féminin parce que nous sommes des femmes et que souvent dans les pays dans lesquels nous nous définissons, l’accès aux femmes est limité pour les hommes. Donc, de ce fait, c’est une manière de compléter le récit ».
La réalité d’un « métier de valeurs »
Loin du romantisme du grand reporter, Florence Dauchez rappelle la rudesse économique de la profession. Contrairement aux idées reçues, le journalisme est marqué par une forte fragilité sociale : « La grande majorité (…) des journalistes vivent avec un niveau de revenus qu’on peut qualifier de précaire ». Pour Florence Dauchez, cet engagement ne s’explique pas par l’appât du gain, mais par une conviction profonde : « Ce ne sont pas des métiers d’argent. (…) Ce sont des métiers de valeurs ».
Un rempart pour la démocratie
À l’heure où les algorithmes peinent à saisir la complexité du monde, le travail de terrain reste l’ultime garant de la transparence. Florence Dauchez rappelle que la mission première de la presse est de demander des comptes : « Le journaliste et le journalisme servent à demander des comptes au pouvoir, (…) ça fait partie du jeu de la démocratie ».
En présentant les méthodes, les doutes et les contraintes éthiques, les reporters peuvent recréer un lien avec les citoyens. « Témoigner de l’intérieur des mécanismes, ça permet aussi de mieux appréhender la réalité des autres »souligne Florence Dauchez.
► Le Prix du journalisme : Récits de femmes reportersun livre de Florence Dauchez paru chez INA Éditions et une série de podcasts en 10 épisodes disponibles sur toutes les plateformes.
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