
Pour la huitième édition, le Festival des Langues Françaises à Rouen propose de découvrir une quinzaine de nouveaux autrices et auteurs… et autant de manières de dire le monde.
Durant quatre jours, ce festival met à l’honneur des textes, parmi lesquels ceux d’Aline César et d’Israël Nzila, lauréat du Prix Théâtre 2025. Ces textes sont lus devant des spectatrices et spectateurs, une première étape primordiale avant la mise en scène.
Reconnaissance : Damas de Aline César entre fiction et réalité
Avec Reconnaissance : Damasl’autrice Aline César raconte l’histoire d’une jeune femme abandonnée par ses parents, placée à la DDASS et à la recherche de ses origines entre les deux rives de la Méditerranée « Une autofiction entre fiction et réalité » sur le mode de l’enquête avec des choses réelles et d’autres qui sont fictionnées nous précisons l’autrice. D’abord convaincue de ses origines algériennes, elle va découvrir qu’elle a également des origines syriennes. Elle va s’interroger sur l’histoire collective et se questionner sur les relations complexes qu’entretiennent ces trois pays, une histoire méconnue…
Son texte sera lu à Rouen devant un public : « C’est une étape de travail très importante. On confronte le texte aux spectateurs et aux spectatrices avec un propos aussi intime, quel est le ressenti du public ? »
Elle a, elle même, mis en lecture son texte.
« Coupure » d’Israël Nzila, les traumatismes de la guerre
« Coupure » est un mot technique qui évoque une distorsion sonore, une saturation des sons lorsqu’on dépasse le volume normal. Le texte « Clipping » d’Israël Nzila joue sur cette notion de distorsion et explore les traumatismes de la guerre. Le texte qui a remporté le Prix RFI Théâtre raconte l’histoire de Do, une femme dont l’enfance a été saccagée par la guerre. En errance sur un marché de Lubumbashi, en République Démocratique du Congo, elle affirme avoir perdu son bébé dans la foule mais est-ce la réalité ou une hallucination ? Est-elle folle ?
Israël Nzila un grandi à Lubumbashi. La guerre, il ne l’a vécue que de loin mais en a ressenti toutes les conséquences avec l’instabilité économique et les conflits politiques qui en ont découlé.
Cette mise en espace de son texte lui permet d’éprouver les « souffles que j’ai mis dans les mots. Je voulais nommer cette violence avec la langue. La langue porte une histoire qui influence nos mentalités.»
« Le théâtre, c’est l’intimité partagée »
C’est Anne-Sophie Pochet, metteuse en scène qui a effectué ce défrichage du texte « Coupure ». Ce n’est plus tout à fait une lecture ni tout à fait un spectacle. « C’est une specture : on est à mi-chemin entre spectacle et lecture », nous explique-t-elle. Pour elle, l’enjeu était de faire entendre au public la nature du texte et sa qualité littéraire, et faire résonner sa théâtralité.
Invitations :
– Israël Nzila, auteur congolais, lauréat du Prix RFI Théâtre 2025 pour sa pièce Coupure. Son texte sera lu au festival à Avignon le 15 juillet 2026 dans le cycle « Ça va, ça va le monde ! ».
– Aline César, auteure, metteuse en scène, historienne de formation et chargée de cours à l’institut d’Études Théâtrales de Paris III « relier le passé à la lumière du présent ».
– Anne-Sophie Pauchet, metteuse en scène et comédienne.
Le Festival des Langues françaises à Rouen jusqu’au samedi 28 mars 2026.
Programmation musicale : l’artiste congolaise Céline Banza avec le titre « Fille parfaite ». Elle a été lauréate du Prix Découvertes en 2019.

