(Agence Ecofin) – Alors que l’abandon scolaire touche plus de 20 % des élèves du cours primaire, le Sénégal met sur le dialogue sectoriel entre État, collectivités territoriales et partenaires techniques pour inverser durablement cette tendance.
Au Sénégal, la revue du Programme sectoriel Éducation et Formation (PSEF) s’est achevée le mardi 7 juillet sur un appel à la consolidation des acquis et à la mise en œuvre efficace des recommandations issues des travaux. L’événement, lancé le 6 juillet, a permis aux acteurs de l’éducation et de la formation de dresser un bilan détaillé des performances enregistrées, des défis persistants et des priorités retenues pour améliorer le pilotage du secteur.
Parmi les défis relevés lors des échanges, la lutte contre l’abandon scolaire s’est imposée comme un point d’attention central. Le phénomène touche particulièrement les filles en fin de cycle primaire, freinant les efforts engagés pour consolider l’accès et le maintien des enfants dans le système éducatif.
Les recommandations issues de la revue du PSEF insistent sur une accélération des réformes. Les participants sont appelés à renforcer les dispositifs de suivi-évaluation, à finaliser les documents stratégiques et à améliorer la coordination entre l’État, les collectivités territoriales, les partenaires techniques et financiers, ainsi que la société civile et les associations de parents d’élèves. L’objectif est de cibler directement la lutte contre le décrochage scolaire et de dépasser le stade du diagnostic pour entrer dans celui de l’action.
Une réforme face à l’urgence éducative
Le Rapport d’état du système éducatif national du Sénégal (RESEN), publié en juin 2025 par le ministère de l’Éducation nationale avec l’appui de l’UNESCO et de son Institut international de planification de l’éducation (IIPE-UNESCO), alerte sur l’ampleur du phénomène. Près de 38 % des enfants âgés de 6 à 16 ans ne sont pas scolarisés, une situation particulièrement préoccupante en zone rurale et dans certaines régions de l’intérieur du pays, selon l’IIPE-UNESCO. Le taux d’achèvement du primaire reste stable depuis plusieurs années, précise la même source.
Pour l’exercice 2026, l’Assemblée nationale a adopté un budget de 990,75 milliards de FCFA. Une enveloppe de 1,72 milliard de dollars sera consacrée au ministère de l’Éducation nationale, soit environ 4 % du PIB projeté, un effort confirmé par les données budgétaires officielles du gouvernement.
Cette dynamique s’inscrit dans une perspective de long terme. Les conclusions de la revue alimenteront le futur PSEF puis s’articuleront avec l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 et la Lettre de politique sectorielle de développement 2025-2029. Au-delà des textes et des annonces, l’enjeu reste de transformer les engagements en actions mesurables sur le terrain. Réduire durablement l’abandon scolaire et offrir à chaque enfant la possibilité de poursuivre son parcours éducatif constitue la véritable promesse de ces réformes.
Félicien Houindo Lokossou
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