La sixième édition de la Ronde du sociale a conduit le ministre de l’Emploi et de la Protection sociale et de la formation professionnelle, Maître Adama Kamaraun Abengourouoù il a échangé avec les Forces de défense et de sécurité (FDS) sur un enjeu majeur : la retraite complémentaire par capitalisation. Face aux interrogatoires des militaires et paramilitaires sur les prélèvements à la source, le ministre a plaidé pour une adhésion massive à ce dispositif, présenté comme un levier essentiel pour garantir une retraite plus sereine et préserver la dignité des futurs retraités.
Dès l’entame de son intervention, Adama Kamara a reconnu les préoccupations exprimées par plusieurs agents concernant les retenues sur salaire destinées à financer la retraite complémentaire.
« Je comprends parfaitement cette réalité », at-il déclaré, évoquant les nombreuses charges financières auxquelles les Forces de défense et de sécurité il faut déjà faire face.
Le ministre a toutefois rappelé que cette réforme répond à une volonté clairement affichée du Président de la République d’améliorer durablement les conditions de vie des travailleurs, en particulier au moment de leur départ à la retraite.
Selon lui, les mesures engagées ne constituent pas seulement des avantages immédiats, mais permettent surtout de préparer l’avenir en offrant aux agents une sécurité financière supplémentaire.
« Une retraite confortable ne s’improvise pas. Elle se prépare dès aujourd’hui », a insisté le ministre.
Il a rappelé que les jeunes recrues intégrées à partir d’août 2020 sont automatiquement affiliées au régime complémentaire par capitalisation et bénéficieront, à terme, de deux pensions : une pension de base et une pension complémentaire.
Pour les agents déjà en activité, il a souligné que plusieurs mécanismes existants, notamment le prélèvement à la source, la cotisation additionnelle et le versement libre, afin de renforcer progressivement leur épargne. retraite.
Adama Kamara a expliqué que l’ambition du gouvernement est de permettre aux futurs retraités de disposer de plusieurs sources de revenus.
« Nous devons permettre aux travailleurs de demain d’être des polypensionnés », a-t-il affirmé.
Selon lui, le cumul d’une pension de base et d’une pension complémentaire contribuera à préserver le pouvoir d’achat des retraités, leur offrira davantage de stabilité financière et facilitera la réalisation de projets importants, notamment l’acquisition d’un logement.
Le ministre a également évoqué les difficultés héritées du passé concernant les arriérés de prestations sociales, tout en soulignant les progrès enregistrés grâce aux réformes des entreprises par le gouvernement.
« Aujourd’hui, les mécanismes sont plus solides et les perspectives sont plus rassurantes », a-t-il assuré.
Invitant les militaires à dépasser les réticences liées aux prélèvements, il a conclu en rappelant que cette réforme répond à une vision portée au plus haut sommet de l’État.
« Le Président de la République souhaite que vous soyez convaincus de l’importance de cette réforme. Je vous invite donc à franchiser le pas afin que demain vous puissiez bénéficier d’une retraite offrant davantage de sécurité et de dignité. »
À l’issue de la rencontre, le ministre est revenu sur le sens de cette mission de sensibilisation.
« Nous sommes venus de la part de leur premier patron, le Président de la République, chef suprême des armées, pour leur transmettre un message simple : le régime classique ne permet pas de maintenir le niveau de revenu des retraités. La retraite complémentaire vient justement compléter le régime de base afin de préserver leur dignité et leur niveau de vie », at-il expliqué.
Pour convaincre les militaires, le gouvernement a fait appel au Général Philippe Mangouancien Chef d’état-major des armées, ancien ambassadeur de Côte d’Ivoire au Gabon puis en Allemagne et actuel président du Conseil de surveillance de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI).
Fort de son expérience personnelle, il a livré un témoignage empreint de réalisme sur les difficultés que peuvent rencontrer les retraités.
Après avoir remercié le ministre et sa délégation pour cette initiative, il a apprécié une démarche exceptionnelle.
« Vous avez de la chance de voir plusieurs membres du Gouvernement réunis pour vous parler d’un sujet aussi important », at-il déclaré.
Évoquant sa propre retraitele Général Mangou a confié que, malgré les hautes fonctions qu’il a occupées, il a pleinement conscience des réalités financières au moment de constituer son dossier de pension.
« Lorsqu’on quitte certaines fonctions, on a parfois l’impression que la terre se dérobe sous nos pieds », at-il illustré.
Selon lui, de nombreux retraités découvrent trop tard les conséquences d’une préparation insuffisante.
« Les problèmes surgissent rapidement lorsque la retraite n’a pas été anticipée », at-il averti.
Le Général Mangou a encouragé les militaires à penser dès maintenant à leur avenir.
« Votre retraite commence aujourd’hui », at-il martelé.
Il les a invités à préparer progressivement leur patrimoine, à prévoir un logement, des ressources suffisantes et à considérer la retraite complémentaire non comme une dépense, mais comme un investissement.
« Ce que vous versez aujourd’hui reviendra demain pour votre propre bien-être. Et si vous n’êtes plus là, ce seront votre épouse et vos enfants qui en bénéficieront. Cela reste votre patrimoine. »
Il a également tenu à rassurer les participants sur le fonctionnement des pensions.
« Les procédures sont claires et bien organisées. Nous percevons nos pensions normalement et les services compétents restent disponibles pour accompagner les retraités », a-t-il affirmé.
En conclusion, il a lancé un appel sans équivoque à ses anciens compagnons d’armes.
« Je vous exhorte à souscrire massivement à la retraite complémentairecar demain vous en serez les heureux bénéficiaires. »
À l’issue de la rencontre avec les Forces de défense et de sécuritéle ministre Adama Kamara et sa délégation ont visité le Centre de développement du vivrier (CDV) d’Abengourouprojeté sur le site de la ferme d’application de l’École régionale d’agriculture de l’Est.
Mis en place dans le cadre du Projet de développement des chaînes de valeur vivrières (PDC2V), ce centre a pour mission de promouvoir des technologies innovantes de production vivrière à travers une collaboration étroite entre la recherche, la vulgarisation agricole et les différents acteurs des filières.
Les visiteurs ont découvert les infrastructures déjà réalisées, notamment le bâtiment administratif, le fourrage, les laboratoires, les salles de formation, dix serres de 500 m², dix abris maraîchers, des parcelles de manioc mises en place avec l’ANADER, un parc à bois, ainsi que les dispositifs destinés à la formation des producteurs et à la distribution de boutures améliorées.
Cette visite a permis de mettre en lumière les efforts du gouvernement en faveur de la modernisation de l’agriculture vivrière, en parallèle des réformes sociales engagés au bénéfice des travailleurs ivoiriens.
Wassimagnon
Par Koaci
