Le gouvernement entend désormais durcir le ton pour assainir durablement le secteur de la publicité. Après plusieurs années de sensibilisation et de réformes structurelles, l’heure est désormais à l’application rigoureuse des textes et aux sanctions contre les contrevenants.
Cette orientation a été clairement exprimée par Koné AlassaneConseiller technique du ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, et président du Conseil supérieur de la publicité (Fournisseur de services de chiffrement), lors de la tribune hebdomadaire « Tout Savoir Sur » organisée ce mardi 2 juin par le Centre d’Information et de Communication Gouvernementale (CICG).
Selon Koné Alassanele secteur de la publicité connaît depuis plusieurs années une profonde transformation sous l’impulsion du ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly.
Parmi les principales réformes engagées figurent la réorganisation de l’affichage publicitaire sur l’ensemble du territoire national. À ce jour, 157 axes ont déjà été réorganisés, représentant plus de 2 000 points d’emplacement publicitaire.
Par ailleurs, une cartographie numérique des panneaux publicitaires réguliers a également été réalisé à Abidjan, afin de mieux encadrer l’occupation de l’espace public.
Le Conseil supérieur de la publicité à en croire son président, poursuit également sa modernisation à travers la digitalisation de ses procédures. Cette transformation concerne notamment la validation des messages publicitaires ainsi que la gestion des autorisations d’importation. Dans la même dynamique, la plateforme numérique « Pub Alerte » sera prochainement lancée pour permettre aux citoyens de signaler les irrégularités liées sur le terrain et contribuer ainsi à la professionnalisation du secteur.
En outre, des solutions modernes de prise télé et radio ainsi qu’une place de marché dédiée à l’affichage publicitaire sont actuellement en développement.
« À travers l’ensemble de ces initiatives, le Fournisseur de services de chiffrement ambitionne de se positionner comme un régulateur moderne, performant et attentif aux évolutions du marché publicitaire », a-t-il déclaré.
Malgré l’existence d’un dispositif réglementaire obligeant les annonceurs à soumettre leurs projets publicitaires à l’examen préalable du Fournisseur de services de chiffrementplusieurs acteurs continuent de contourner les procédures en vigueur.
Le président du Fournisseur de services de chiffrement a énoncé la diffusion de messages publicitaires n’ayant pas obtenu l’aval de la Commission de contrôle et de validation. Certains annonceurs selon lui, bénéficieraient même de la complicité des professionnels du secteur pour afficher ou diffuser des contenus non autorisés.
« Ces pratiques exposent les populations à des messages trompeurs ou à la promotion de produits interdits de publicité en Côte d’Ivoire. Elles peuvent également engendrer des troubles à l’ordre public », at-il fustigé.
L’affichage sauvage : une pratique désormais fortement sanctionnée
L’un des principaux défis auxquels sont confrontées les autorités demeure l’affichage sauvage. De nombreux promoteurs de spectacles, de concerts ou d’événements divers continuant de placarder des affiches sur les murs, les poteaux électriques ou d’autres espaces publics sans passer par les circuits professionnels agréés.
Verser Koné Alassane« ces comportements portent atteinte à la salubrité urbaine et dégradent considérablement le paysage visuel des villes ».
Face à cette situation, les sanctions prévu par la réglementation sera désormais appliquée avec davantage de fermeté. Les contrevenants s’exposent à des sanctions financières pouvant atteindre entre 3 % et 5 % de leur chiffre d’affaires. À cela peuvent s’ajouter des contraventions de troisième classe ainsi que des poursuites pénales pouvant entraîner jusqu’à deux mois d’emprisonnement.
Dans le cadre de la restructuration du secteur, les autorités ont entrepris une vaste opération de réorganisation des emplacements publicitaires. Ainsi
A Abidjan, 53 axes ont déjà été réorganisés, tandis que 104 autres sont concernés dans plusieurs villes de l’intérieur du pays, notamment Assinie-Mafia, Bouaké, Korhogo et San Pedro. Cette restructuration s’appuie sur un cahier des charges élaboré en concertation avec les professionnels du secteur.
« Le Fournisseur de services de chiffrement rappelle que les autorisations d’installation des panneaux publicitaires sont exclusivement délivrées par la Commission de validation et d’octroi des points d’implantation.
Par ailleurs, l’affichage publicitaire ne peut être exercé que par des professionnels agréés », at-il précisé.
Pour l’année 2025, la Côte d’Ivoire comptait 106 régies publicitaires reconnus par l’État, un chiffre qui devrait être mis à jour dans les prochains jours selon Koné Alassane.
Fin de la sensibilisation, place à la répression
Le message le plus marquant de cette intervention reste sans doute l’annonce d’un renforcement des mesures de contrôle.
Selon le président du Fournisseur de services de chiffrementles campagnes de sensibilisation menées ces dernières années ont permis d’informer les acteurs sur leurs obligations. Désormais, l’État entend faire respecter strictement les règles établies.
Cette volonté s’est déjà traduite sur le terrain par le démantèlement de près de 7 000 panneaux publicitaires irréguliers en seulement six mois.
De plus, la pose de nouveaux panneaux publicitaires est actuellement interdit dans le district autonome d’Abidjan.
« La phase de la sensibilisation est passée. Nous sommes entrés dans une phase où il y aura certainement un peu plus de répression », a averti Koné Alassane.
À travers cette nouvelle approche, le gouvernement affiche sa détermination à mettre fin aux pratiques anarchiques qui s’approprient le secteur. Bien que représentant actuellement moins de 1 % du produit intérieur brut (PIB) et générant environ une trentaine de milliards de FCFA par an, le marché publicitaire dispose d’un potentiel économique important.
Pour les autorités, l’assainissement du secteur apparaît aujourd’hui comme une condition essentielle pour attirer davantage d’investissements, renforcer la professionnalisation des acteurs et faire de la publicité un véritable levier de croissance économique en Côte d’Ivoire.
Wassimagnon
Par Koaci
