par Valentin Guerrier
Donald Trump pourrait voir son action à la Maison Blanche considérablement freinée au cours des deux dernières années de son mandat. La raison ? Les élections de mi-mandat américains, les « midterms », qui se tiendront dans moins de cinq mois. Mais en quoi ce contrôle est crucial et quelles sont ses conséquences potentielles pour le président américain ?
Tous les deux ans, les Américains renouvellent l’intégralité de leur Chambre des représentants, et un tiers du Sénat. Comme elles ont lieu au milieu du mandat présidentiel, on les appelle les élections de mi-mandat, les « midterms ».
Actuellement, ce sont les Républicains qui contrôlent à la fois la Chambre des représentants et le Sénat. Et même si Donald Trump n’est pas lui-même candidat, ces élections sont souvent considérées comme un référendum sur le président en place.
Des raisons de s’inquiéter ?
Et si on regarde l’histoire, Donald Trump a plutôt des raisons de s’inquiéter, parce qu’historiquement, le parti du président perd presque toujours du terrain lors des élections de mi-mandat. D’abord, parce que les électeurs profitent souvent de ce examen pour exprimer leur mécontentement envers le pouvoir en place. Et ceux qui veulent sanctionner le président sont généralement plus motivés à se déplacer que ceux qui souhaitent simplement lui renouveler leur confiance.
Et puis, Donald Trump n’est pas lui-même sur le bulletin de vote. Or on sait à quel point sa présence est souvent un puissant moteur de mobilisation pour son électorat.
Enfin, il y a un autre indicateur que les observateurs regardent toujours de très près : la popularité du président. Et sur ce terrain, Donald Trump est aujourd’hui dans une position encore plus fragile qu’il y a quelques mois. Or historiquement, lorsque la cote du président baisse, son parti paie souvent la facture lors des élections de mi-mandat.
Le scénario le plus crédible
Donc aujourd’hui, la question qui se pose est la suivante : est-ce que les démocrates ont une réelle chance de reprendre le contrôle du Congrès lors de ces élections ? En réalité, pas nécessairement l’ensemble du Congrès. Le scénario que beaucoup considère comme le plus crédible aujourd’hui, c’est une Chambre des représentants qui repasserait aux mains des démocrates, tandis que le Sénat resterait républicain.
En effet, la Chambre semble beaucoup plus accessible pour les démocrates tandis que le Sénat, lui, semble beaucoup plus difficile à conquérir. Mais même la perte d’une seule chambre changeait déjà considérablement la donne pour Donald Trump.
Concrètement, si les démocrates représentaient la Chambre et/ou le Sénat, ce serait probablement la fin des grandes réformes de Donald Trump. En effet, une chambre contrôlée par les démocrates pourrait bloquer une grande partie de ses projets de loi.
Les démocrates récupéraient également la présidence des principales commissions parlementaires. Ils pourraient convoquer des membres de l’administration Trump, leur demander des comptes publics, et ouvrir de nouvelles enquêtes sur certaines décisions de la Maison-Blanche.
Destituer un président
Et certains élus démocrates pourraient même tenter de lancer une nouvelle procédure de destitution. Mais il faut être prudent : pour destituer réellement un président américain, il faut ensuite obtenir une majorité des deux niveaux au Sénat. Et aujourd’hui, ce scénario semble extrêmement improbable.
Et à l’inverse, que se passera-t-il si Donald Trump parvient à conserver les deux chambres ? Ce serait une victoire politique majeure, avance notre journaliste Jim Nejman. Parce qu’il aurait réussi là où la plupart des présidents échouaient : éviter la sanction traditionnelle des élections de mi-mandat.
On pourrait considérer ça comme une validation de sa politique par les électeurs. Il conserverait les mains libres pour poursuivre son programme jusqu’en 2028. Cela montrerait que Donald Trump a réussi à convaincre les Américains de lui renouveler leur confiance au milieu de son mandat, ce qui est rarement le cas pour un président en exercice.
États-Unis
Donald Trump

