La Côte d’Ivoire a célébré, ce vendredi 19 juin 2026, la 14ᵉ édition de la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose. Organisée par le Ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle (MSHPCMU), à travers le Programme national de lutte contre les maladies métaboliques et de prévention des maladies non transmissibles (PNLMM/MNT), la cérémonie officielle s’est tenue à l’Institut national de santé publique (INSP) d’Adjamé.
Placée sous le thème de l’équité dans les soins de la drépanocytose, cette rencontre a réuni autorités sanitaires, partenaires techniques et financiers, professionnels de santé ainsi que plusieurs acteurs engagés dans la lutte contre cette maladie génétique qui demeure un problème important de santé publique en Côte d’Ivoire.
Représentant le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, le Dr Tia Mamadou, directeur général de la Santé, a rappelé l’ampleur de la maladie dans le pays.
« Nous célébrons aujourd’hui la 14ᵉ Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose en Côte d’Ivoire. Cette journée est particulièrement importante au regard de l’incidence de cette maladie dans notre pays. Près de 12 % de la population est porteuse du gène de la drépanocytose », at-il indiqué.
Selon lui, le gouvernement ivoirien est résolument engagé, aux côtés de ses partenaires, à renforcer les actions de préventionde dépistage et de prise en charge de la maladie. Il a notamment insisté sur la nécessité de garantir un accès équitable aux soins sur l’ensemble du territoire national.
« Nous devons faire en sorte que chaque citoyen ivoirien, quel que soit son lieu de résidence, puisse avoir accès au dépistageà la prévention et aux soins. La question des tests avant le mariage demeure essentielle dans notre stratégie de prévention », a-t-il souligné.
Le Dr Tia Mamadou a également salué les avancées enregistrées grâce au Programme national de lutte contre la drépanocytose, notamment en matière de ressources humaines, de financement et d’accès aux traitements.
Présent à cette cérémonie au nom de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Dr Ané Ambroise, chargée de la lutte contre la maladie au bureau de l’OMS en Côte d’Ivoire, a félicité les autorités ivoiriennes pour les efforts consentis dans la lutte contre la drépanocytose.
« Nous sommes heureux d’accompagner le gouvernement qui réalise déjà d’importants progrès dans la lutte contre cette maladie », at-il déclaré.
Le représentant de l’OMS a insisté sur plusieurs axes prioritaires recommandés par l’organisation, notamment l’intégration systémique de la prise en charge de la drépanocytose, le dépistage universel et l’accès aux traitements efficaces, dont l’hydroxyurée.
Il a également appelé à une plus grande responsabilisation des populations.
« La mobilisation communautaire est indispensable. Chacun doit connaître son statut hémoglobinique grâce à l’électrophorèse de l’hémoglobine. Cette démarche doit devenir un réflexe, notamment avant le mariage, afin de prévenir de nombreuses souffrances pour les enfants et les familles », at-il expliqué.
Selon lui, une meilleure connaissance du statut génétique des futurs conjoints permettra de réduire significativement le nombre de naissances d’enfants atteints de formes sévères de la maladie.
L’INSP s’engage pour la formation, la recherche et le dépistage précoce
Prenant la parole à son tour, le directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), le Professeur William Yavo, a réaffirmé l’engagement de son institution à soutenir les actions de lutte contre la drépanocytose.
« La drépanocytose constitue un véritable problème de santé publique. L’INSP ne peut rester en retrait face à ce défi sanitaire majeur », a-t-il affirmé.
Le professeur Yavo a rappelé que l’INSP intervient dans plusieurs domaines stratégiques, notamment la formation, la recherche, la surveillance épidémiologique, l’évaluation des programmes de santé et la promotion de la santé.
À cet effet, l’institution entend renforcer la formation des professionnels de santé sur l’ensemble du territoire, y compris dans les zones les plus éloignées, grâce à ses dispositifs de renforcement des capacités.
Le directeur général de l’INSP a également insisté sur l’importance de disposer de données fiables pour mieux orienter les politiques de santé publiquetout en encourageant le dépistage précoce au sein des communautés et le dépistage néonatale.
« Sous le leadership du ministre de la Santé, M. Pierre Dimbanotre institut s’engage à accompagner le programme national et l’ensemble des partenaires afin que la drépanocytose ne soit plus un drame pour les populations », a-t-il déclaré.
Maladie génétique héréditaire du sang, la drépanocytose touche des milliers de familles en Côte d’Ivoire. Malgré les progrès réalisés ces dernières années dans la prise en charge des patients, les autorités sanitaires et leurs partenaires estiment que les efforts doivent être poursuivis afin de renforcer le dépistageaméliorer l’accès aux traitements et favoriser la sensibilisation des populations.
À travers cette célébration, les acteurs de la santé ont réaffirmé leur volonté commune de faire de l’équité dans l’accès à une réalité pour tous les patients atteints de drépanocytose en Côte d’Ivoire.
Wassimagnon
Par Koaci
