Que des mineurs d’âge aient été interpellés, alors qu’ils se mobilisaient de manière citoyenne dans un débat qui les concernait, donne un signal inquiétant, estime-t-elle : “Une telle réponse risque d’alimenter un sentiment de défiance envers les institutions démocratiques et de décourager l’engagement citoyen des jeunes”. In fine, cette réponse “essentiellement sécuritaire” risque d’avoir un effet dissuasif sur l’exercice futur de leurs droits, ajoute-t-elle.
Jeudi, 14 personnes dont huit mineurs avaient fait l’objet d’une arrestation judiciaire à Bruxelles. Malgré la présence de nombreux jeunes, la police avait eu recours à des autopompes, du gaz lacrymogène, des coups de matraque, ainsi qu’à la technique, illégale, de la nasse, selon des adultes également présents dans la manifestation. La police, de son côté, argumente de la présence de fauteurs de trouble et de casseurs parmi les jeunes manifestants, venus pour dégrader le mobilier urbain et cibler les policiers. Vendredi, il y a eu une centaine d’interpellations dans la capitale. Il y a également eu des débordements à Namur, par exemple.
Une transparence demandée
La Ligue des Droits de l’Enfant exige “toute la transparence sur les circonstances et les motifs des arrestations intervenues le 4 juin”, ainsi qu’une “évaluation indépendante de la proportionnalité des mesures prises”. Elle suggère également d’associer des associations et Délégué général aux droits de l’enfant à l’analyse des événements.
Dans le même temps, un front commun de 72 organisations (FEF, Délégué général aux Droits de l’Enfant, des syndicats, la Ligue des familles, etc.), réunies à l’initiative du Comité des Élèves Francophones (CEF), ont exprimé dans un courrier lundi leur colère et leur indignation face aux nombreux témoignages reçus concernant le traitement réservé aux jeunes, souvent mineurs, lors des mobilisations organisées à Bruxelles et ailleurs en Wallonie.
“Nous refusons le double discours qui consiste à encourager les jeunes à développer leur esprit critique lorsqu’ils soutiennent certaines décisions, puis à remettre en cause leur légitimité lorsqu’ils expriment un désaccord”, soulignent-elles.
Les 72 organisations demandent notamment l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les incidents signalés ; une communication transparente des autorités sur les interventions ayant impliqué des mineurs; le respect strict du cadre légal applicable aux mineurs lors de tout contrôle ou privation de liberté ou encore la mise en place d’un mécanisme de signalisation accessible aux jeunes.
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