Si sa participation aux Jeux olympiques de Paris et la conciliation avec ses études en médecine représentent un fait d’armes dont très, très peu d’athlètes peuvent se targuer, Jean-Simon Desgagnés considère que les célébrations avec ses chums qui l’avaient accompagné dans la Ville lumière après la finale du 3000m clocher représentent le point d’orgue de son expérience.
Ce n’est donc pas un hasard si le documentaire Comme pas deuxqui sera diffusé en première dimanche au cinéma Le Clap de Sainte-Foy et accessible en ligne le lendemain, débute par les prétendues célébrations à l’extérieur d’un bar du quartier Montmartre. La fête y avait commencé après le 13e place de Desgagnés obtenu quelques heures plus tôt au Stade de France, où ses amis de longue date se retrouvent dans les tribunes pour l’appuyer.
Galerie Studio
«Cette soirée de partage et de bonheur est ce qui rend l’expérience olympique aussi mémorable, a confié Desgagnés, qui avait oublié la déception qu’il avait exprimée en zone mixte quelques heures plus tôt. Ce fut une soirée magique. On en parle un plus tard et les émotions sont toujours aussi vives. Mes amis pour la plupart de l’école secondaire m’ont vu progresser à tous les ans jusqu’aux Jeux olympiques et m’ont accompagné dans mon parcours.»
Les joyeux lurons ont entonné l’hymne national canadien, accompagnés de quelques autres athlètes de l’équipe canadienne et de touristes de passage dans ce quartier de Paris fort achalandé.
«On voulait fièrement représenter le Canada, a raconté Desgagnés, et ce fut un beau moment d’unité. Ces célébrations donnaient tout leur sens aux efforts investis au fil des ans.»
Parmi ces amis, le réalisateur Marc-Alexandre Dulude, de Galerie Studio, a suivi Desgagnés à la loupe pendant les huit mois précédant les Jeux. Il a capté, avec sa caméra, les moments sportifs et universitaires quand il se trouvait en scène dans les hôpitaux. Il était sur place lors de la dernière journée de scène de 2024, en mars, quand Desgagnés s’est tourné à 100% vers sa préparation olympique.
«Ce n’est pas le début auquel vous vous attendiez, mais ces célébrations dans les rues de Paris voulaient dire beaucoup, a relaté le réalisateur pour expliquer son choix. Jean-Simon était arrivé au bout d’un rêve que certains croyaient irréaliste et impossible pour d’autres. On ne voulait pas raconter seulement les performances.»
Étincelle pour une année folle
La huitième place de Desgagnés obtenue au championnat mondial de 2023 et sa médaille d’or remportée aux Jeux panaméricains du Chili quelques mois plus tard ont été les éléments déclencheurs pour Dulude. «Je savais que l’année 2024 allait être spéciale et je me suis braqué sur lui. Ça me fascinait de le voir concilier le sport et les études au plus haut niveau. Son dépassement me fascinait.»
Photo fournie par Jean-Simon Desgagnés
Présent à Flagstaff en Arinzona au printemps pour un camp en altitude, à l’étape de la Ligue du diamant en Suède, aux Essais olympiques de juin à Montréal, à Paris quand son chum a réalisé son standard olympique et évidemment aux Jeux un peu plus tard, Dulude a eu un accès privilégié.
«En raison de notre fort lien d’amitié, le documentaire est intime, authentique et inédit pour certains événements, a mentionné Desgagnés. Le rendu n’aurait pas été également représentatif avec un autre réalisateur.»
L’amitié plus forte que tout
Maintenant qu’il a réalisé ce tour de force en menant de front ses deux passions, Desgagnés réalise-t-il l’ampleur de son exploit 18 mois plus tard ? «Lors des grands moments d’épuisement, il ya eu des moments de doute et difficultés pendant lesquels je me demandais comment j’allais m’en sortir, at-il reconnu, mais j’ai toujours cru qu’à long terme j’allais réussir et que j’étais chanceux de vivre mes deux passions.»
Une autre certitude l’habitait et le rassurait en même temps. « Succès ou pas, je savais que ma gang serait toujours là, at-il exprimé. Ça me rassurait et m’enlevait une certaine pression. Je suis fier de mon parcours académique et sportif. Je suis fier de mon histoire.»
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