Les responsables du PDCI (Ph Koaci)
Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) a exprimé ses réserves quant à la démarche adoptée par le gouvernement dans le cadre de la réforme du système électoral. Dans une déclaration rendue publique le 24 juin, le principal parti d’opposition appelle à l’ouverture urgente d’un dialogue national républicain afin de parvenir à un consensus autour des futures règles du jeu électoral.
Invité le 22 juin dernier à une rencontre initiée par le gouvernement dans le cadre de la promotion du dialogue républicain, le PDCI-RDA indique avoir pris connaissance des orientations présentées par le Premier ministre concernant la réforme du système électoral ivoirien.
Dans son communiqué, le parti présidé par Tidjane Thiam affirme constater que le gouvernement reconnaît désormais les déficiences du système électoral actuel, une position que le PDCI-RDA dit défendre depuis plusieurs années. Selon le parti, les mécanismes électoraux en vigueur n’ont pas permis de restaurer durablement la confiance entre les acteurs politiques, les institutions et les citoyens.
Cependant, le PDCI-RDA estime que les annonces faites lors de cette rencontre laissent penser que les principales orientations de la réforme seraient déjà arrêtées. Le parti souligne que le gouvernement a évoqué des études comparatives, des consultations d’experts et des réflexions approfondies ayant conduit à une architecture institutionnelle précise.
Versez le PDCI-RDA, une réforme électorale ne peut être assimilée à une simple réforme administrative. Le parti considère qu’elle touche directement aux fondements du pacte démocratique et qu’elle doit, de ce fait, résulter d’un processus consensuel impliquant l’ensemble des parties participe.
L’opposition estime notamment que le parti au pouvoir, appelé à participer aux prochaines échéances électorales, ne saurait être à la fois concepteur des règles électorales, organisateur du scruter et initiateur de l’organe chargé d’en assurer l’arbitrage.
Le PDCI-RDA regrette également le format de la rencontre du 22 juin. Selon lui, aucun véritable échange n’a été possible après l’intervention du Premier ministre, alors même que l’invitation officielle évoquait une « séance de travail ».
Face à cette situation, le parti appelle à la tenue d’une table ronde nationale réunissant le pouvoir, l’opposition, la société civile, les autorités traditionnelles, les responsables religieux ainsi que les partenaires de la Côte d’Ivoire. L’objectif affiché est de parvenir à un consensus susceptible de garantir la crédibilité du processus électoral et de prévenir les crises post-électorales.
Le PDCI-RDA rappelle avoir déjà indiqué au gouvernement un courrier daté du 19 juin 2026 sollicitant la convocation d’une telle rencontre en vue de la mise en place du futur organe électoral.
Concluant sa déclaration, le parti réaffirme sa disponibilité à participer à tout cadre de dialogue sincère et inclusif, estimant que « la paix doit se construire avant les élections et non après ». Une position qui relance le débat sur les conditions d’organisation des prochaines consultations électorales en Côte d’Ivoire.
