Cette soirée de mardi était un moment important pour vous, puisque vous présentez les emblèmes des JO des Alpes 2030 aux champions et championnes des mouvements olympiques et paralympiques à Paris.
« Oui, on n’avait pas eu encore l’occasion d’avoir ce dialogue direct avec eux sur ces emblèmes. On leur a déjà partagé le maximum d’infos sans évidemment rien dévoiler lors des différentes rencontres qu’on a eues avec eux. Là, c’était un bon moment. Ils étaient attentifs. Et les messages qu’on a eus après m’avoir confirmé que c’était finalement intéressant de se servir de cette soirée pour leur montrer. »
Quels sont les retours que vous avez sur les emblèmes ?
« Alors, pour être honnête, au début, je ne voulais pas les regarder. Je suis allé d’ailleurs faire un trek de trois jours après le dévoilement pour ne pas regarder mon téléphone et ne pas me laisser heureux par ça. Mais globalement, ce qu’on constate, c’est qu’on est à 80 % de retours positifs. On est très exposés au niveau mondial, et pour un travail de ce type, c’est normalement un appel pour les les haineux (les mécontents, ndlr). C’est donc plutôt bien. Je pense que les gens saluent le travail élégant. Le beau met les gens d’accord. Au-delà du narration avec la complémentarité et cette montagne de lumière inspirée par les territoires, je pense que les gens retenir le fait qu’on avait voulu faire quelque chose d’élégant qui ne s’apparente pas à de l’événementiel sportif. Ils ont compris qu’on n’est pas là pour leur vendre du divertissement. On est là pour leur créer un bel univers qui les valorise aussi quand ils y participeront. »
« Je n’exclus pas de faire un défilé de mode »
Aviez-vous des craintes par rapport aux retours des sportifs ?
« Toujours. Mais je pense qu’en fait les craintes, elles seront plutôt sur la manière dont on va déployer la vision et l’emblème, notamment sur leurs équipements, leurs tenues. On a un devoir de se mettre au service de leur performance mais aussi au service du style. Je n’exclus pas de faire un défilé de mode pour les Alpes 2030 et qu’il y ait une dimension très mode qui s’y intègre. Elle n’est pas futile, bien au contraire. Elle est là pour valoriser les savoir-faire qu’on a en France, qui est effectivement une filière d’exportation sous-exploitée. »
Comment résumez-vous votre vision des Alpes 2030 ?
« La vision qu’on a en tant que Cojop (Comité d’organisation, ndlr), c’est de permettre à l’ensemble d’un territoire de rayonner. On s’appelle Alpes 2030. On ne s’appelle pas une ville. Donc on a un devoir de faire en sorte que toutes les Alpes puissent se reconnaître et rayonner avec ces Jeux. De la vallée au sommet, du nord au sud, tout le monde doit y trouver quelque chose. Et aussi faire rayonner l’ensemble des activités qui se pratiquent dans la montagne. Il ya les disciplines d’hiver qu’on va célébrer, valoriser. Mais on va montrer qu’en France, dans notre territoire, il y a plein de choses qui se font. Au final, on veut montrer que le modèle montagne français a toujours un temps d’avance selon les époques. Ce qu’on attend ensuite sur ces emblèmes, c’est qu’ils soient intemporels, qu’ils restent. Une anecdote que je raconte souvent, c’est quand j’ai visité la piste de bobsleigh. J’étais allé dans les coulisses et il y avait une vieille affiche de JO d’Albertville (1992, ndlr) qui avait été brûlée par le soleil parce qu’il était là depuis longtemps. Et c’est là que je me suis dit que ce qu’on fait, ce n’est pas juste pour quatre ans. Ce n’est pas juste pour un mois d’événement. C’est quelque chose qui va rester dans les offices de tourisme, dans des écoles, des bâtiments publics, dans des tiroirs avec les cadeaux pendant des années… C’est donc à nous de faire en sorte que ces choses restent cool, élégantes et stylées. »
Sortir les mascottes « pour la rentrée 2027 »
Pourquoi avoir retiré « françaises » aux « Alpes françaises 2030 » sur le logo ?
« Il y a plusieurs raisons. La première est purement pragmatique. On a observé que les gens, en termes d’usage, disaient Alpes 2030. Donc, à un moment, il faut suivre la langue parlée et le naturel des gens. La deuxième raison, c’est qu’avec Alpes françaises, on avait un c cédille à française, ce qui n’est pas prononçable par d’autres langues. Donc, tout de suite, notre appellation était traduite. Il y avait deux marques, Alpes françaises et Alpes françaises. Ce qui est très compliqué. Enfin, le dernier point, c’est qu’on avait besoin de ressembler à une appellation Jeux pour l’exploitation commerciale. Si j’étais partenaire et qu’on gardait ”française”, il y avait une petite dimension peut-être un peu moins désirable, un peu différent, qui allait nécessiter beaucoup de travail d’un point de vue marketing. Tout de suite, dès qu’on arrive avec Alpes, c’est bisyllabique, c’est facile, c’est prononçable partout. »
Vous avez quitté la scène ce soir en parlant des mascottes, où en êtes-vous ?
« Les mascottes, c’est un gros sujet et je fais volontairement un taquinerie là-dessus. Je pense que c’est un outil qui est génial pour diffuser des idées et un outil de puissance douce immense. Pas seulement un outil pour vendre des produits dérivés mais plutôt pour véhiculer des valeurs, notamment pour la nouvelle génération. On va travailler ces mascottes, cette famille de mascottes, dans cet esprit-là. L’objectif, c’est de les sortir pour la rentrée 2027, pour qu’elles soient visibles sur un temps long. Normalement, elles ne sortent pas si tôt. »
« Trouver une manière d’honorer les Phryges »
Avec ces mascottes, il y a un sacré défi parce que les Phryges de Paris 2024 ont beaucoup marqué…
« Je ne peux pas vous dire ce qu’on va faire, mais je pense que ce serait dommage de jeter les Phryges. Quoi qu’il arrive, on trouvera une manière de les honorer. »
Ça veut dire qu’il y aura un peu de Phryges dans ces mascottes ?
« Je ne peux rien dire de plus pour garder un peu de surprise mais on a conscience qu’elles ont été appréciées, qu’elles font partie de l’imaginaire collectif et que ce serait dommage de ne pas capitaliser dessus. »
Verra-t-on des mascottes à paillettes ?
« Il y aura plein de choses. Je pense que vous n’êtes pas prêts. (Rires) »

