
Alors que le mondial de foot se poursuit avec de nouveaux matchs prévus ce mercredi, focus sur le financement des équipes. Un point déterminant pour la compétition, car le manque de moyens et la fuite des talents pèsent sur les chances de nombreux pays africains.
Le footballon le sait, est une histoire de talents et les équipes africaines n’en manquent pas, mais c’est surtout une histoire d’argent. Pour la première fois d’ailleurs, dix pays africains ont été sélectionnés pour cette Coupe du monde, les joueurs africains sont encensés dans le monde entier et pourtant, depuis la création de la Coupe du monde, aucune équipe africaine n’a remporté le trophée. Pourquoi ce paradoxe ?
L’Afrique produit des talents, mais elle ne possède pas encore l’écosystème capable de capitaliser sur ses jeunes footballeurs. Aujourd’hui, 97% de la valeur des effectifs africains du Mondial sont détenus hors d’Afrique. Cette valeur est estimée à 2,4 milliards d’euros. Un autre chiffre ? L’ensemble des clubs du continent africain générerait moins de 400 millions de dollars de revenus annuels, soit moins que les revenus d’un seul des cinq plus grands clubs européens. En comparaison, la Premier League de foot est aujourd’hui à plusieurs milliards de livres de revenus cumulés par saison. Cela donne le tournis et ce sont deux études d’Harvard qui le disent.
Le paradoxe n’est donc pas sportif, il est structurel. L’Afrique exporte ses talents, mais ne possède pas la machine économique qui permet de les valoriser. C’est une situation proche d’une économie qui exporte ses matières premières sans développer toute la chaîne de production. Le talent est africain, mais la chaîne économique est largement européenne.
Le football : une industrie mondiale
Il faut des infrastructures, des revenus, des centres de formation, et surtout l’habitude d’affronter les meilleures équipes pour avoir toutes les chances de jouer dans la cour des grands.
La Coupe du monde révèle ce déséquilibre : une équipe africaine peut battre une grande nation sur un match. Mais pour gagner un tournoi, il faut un système capable de produire des champions sur plusieurs générations.
Pour cela, les fédérations africaines ont besoin de revenus, indispensables pour avoir les moyens d’offrir aux joueurs les meilleures conditions de formation ou même d’exercice de leur activité.
Or, lorsqu’elles vendent un joueur à l’international, l’indemnité de formation et la contribution de solidarité, qui représentent 5% de chaque transfert international et qui sont reversées aux clubs formateurs, ne suffisent pas à les compenser. Surtout quand on sait qu’un joueur vendu à 150 000 euros peut en valoir 30 millions quelques années plus tard, c’est une richesse créée en Afrique et captée ailleurs.
Redistribution des droits TV des compétitions africaines
Pendant des années, ils ont été récupérés hors continent. La Confédération africaine de football a signé un numéro record de droits médias pour la dernière Coupe d’Afrique des nations au Maroc afin de mieux développer les infrastructures et les talents du football sur le continent.
Mais problème, de nombreuses compétitions sont des chaînes conservées inaccessibles aux du continent qui ont lancé un appel pour que les téléspectateurs africains ne se retrouvent plus contraintes de souscrire à des chaînes privées ou étrangères pour suivre une compétition de football.

