La Côte d’Ivoire s’engage dans une profonde transformation de son système électoral. Devant les représentants des partis politiques, des organisations de la société civile et des médias réunis à la Primature ce lundi 22 juin, le Premier ministre Robert Beugré Mambé a présenté les grandes lignes d’une réforme majeure destinée à renforcer la crédibilité, la transparence et la confiance dans le processus démocratique ivoirien.
Cette annonce intervient dans le prolongement de la décision prise en Conseil des ministres le 6 mai dernier, portant dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI) à l’expiration de son mandat.
Dès l’entame de son allocution, le chef du gouvernement a transmis les salutations du président de la République, Alassane Ouattarasaluant sa vision de bâtir « une Côte d’Ivoire de paix, de stabilité et de développement ».
Dans un discours empreint de gravité, Robert Beugré Mambé a rappelé que la question électorale demeure l’un des piliers fondamentaux de la démocratie et de la légitimité des institutions.
« Une démocratie qui veut avancer doit avoir le courage de perfectionner ses instruments », at-il déclaré.
Revenant sur l’évolution du système électoral ivoirien depuis l’indépendance, le Premier ministre a retracé les différentes étapes ayant conduit à la création de la CEI en 2001, ainsi que les réformes successives engagées dans le cadre du dialogue politique national.
Cependant, selon lui, les crises électorales traversées par le pays ont révélé les limites du dispositif actuel.
« Ni la présence des partis politiques dans les organes électoraux ni les médiations internationales n’ont suffi à instaurer durablement la confiance », a-t-il affirmé.
Au cœur de la réforme figure la mise en place d’un nouveau modèle de gouvernance électorale reposant sur trois structures distinctes et complémentaires.
Le premier organe sera exclusivement chargé de l’organisation matérielle des élections, notamment la logistique et le déroulement des opérations de vote.
La deuxième aura pour mission le recensement, la centralisation et la compilation des suffrages afin de garantir l’intégrité et la sincérité des résultats.
Enfin, un troisième organe assurera la supervision générale et le contrôle de l’ensemble du processus électoral.
Verser Robert Beugré Mambécette séparation des compétences permettra de renforcer davantage la neutralité, l’impartialité et la crédibilité des élections en Côte d’Ivoire.
« Nous voulons bâtir un système qui inspire confiance à tous les acteurs et qui garantit la transparence à chaque étape du processus », a-t-il expliqué.
Évoquant les épisodes douloureux de l’histoire politique ivoirienne, notamment la crise postélectorale de 2010-2011, le Premier ministre a insisté sur la nécessité de prévenir toute résurgence des tensions.
« Nous voulons que les élections ne soient plus des moments de peur, mais des moments de choix », a-t-il lancé sous les applaudissements de l’assistance.
Il a également souligné l’importance de construire un cadre électoral où les résultats seront acceptés par tous.
« Nous voulons que le candidat qui perd comprend pourquoi il a perdu et que celui qui gagne soit reconnu comme légitime », a-t-il déclaré.
Au-delà des réformes institutionnelles, Robert Beugré Mambé a invité les partis politiques, les organisations de la société civile, les médias ainsi que l’ensemble des citoyens à contribuer activement à la consolidation de la paix sociale.
« La Côte d’Ivoire est plus grande que nos partis et plus grande que nos personnes », a-t-il rappelé.
Le chef du gouvernement a particulièrement insisté sur le rôle de l’éducation civique auprès des jeunes, des femmes et des populations vulnérables afin de promouvoir une culture démocratique fondée sur le dialogue, le respect des institutions et la cohésion nationale.
En clôturant son intervention, le Premier ministre a réaffirmé la volonté du gouvernement de conduire cette réforme dans un esprit d’ouverture et de concertation avec l’ensemble des parties manifeste.
Cette initiative marque le lancement d’un important chantier institutionnel qui pourrait redessiner durablement le paysage électoral ivoirien.
À l’approche des prochaines échéances politiques, les autorités entendent ainsi poser les bases d’un système électoral plus transparent, plus crédible et davantage capable de garantir la paix et la stabilité du pays.
Wassimagnon
Par Koaci
