Par Sophie Mercier
Concrètement, les futurs malades de longue durée devront se rendre une fois par an chez leur médecin traitant. Ce rendez-vous servira à renouveler, si nécessaire, la reconnaissance d’incapacité de travail. Aujourd’hui, des contrôles existent tous les trois mois durant la première année de maladie, mais il n’y a ensuite plus de passage obligatoire à intervalles réguliers.
« On peut comprendre que quand le nombre de personnes en incapacité était beaucoup plus limité qu’après un an, on disait que ce n’était pas nécessaire de renouveler chaque année la demande, a expliqué le ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke, qui défendait un encadrement plus strict. Mais maintenant, sur beaucoup plus de malades de longue durée. C’est la raison pour laquelle nous disons qu’il faut vraiment organiser le suivi ».
Certains malades seront concernés, pas d’autres
Les mutualités joueront aussi un rôle renforcé. Ce sont elles qui détermineront quels malades seront convoqués pour une réévaluation de leur dossier. Parmi les personnes déjà en incapacité, 218.000 dossiers devront être examinés afin de vérifier un éventuel potentiel de retour à l’emploi. Le ciblage ne se fera pas de manière uniforme.
« On va se focaliser sur les pathologies pour lesquelles il y a un potentiel de travail peut-être plus important, éclaire Pierre Cools, secrétaire général adjoint de Solidaris. Exemple, les burn-out, les dépressions. Et puis, on va progresser par tranche d’âge. L’idée, c’est de ne pas revoir tout le monde, mais c’est de cibler certaines catégories pour lesquelles, à nouveau, sur l’estime qu’il y a un potentiel de travail possible ». « Pour moi, c’est une question de santé, ajoute le ministre Frank Vandenbroucke. La perspective de retrouver un emploi, peut-être adapté, peut-être limité, est une partie du rétablissement, c’est une partie de la guérison. Évidemment, il faut l’organiser ».
1,9 milliard d’économies espérées
L’enjeu est aussi financier. Avec ce plan, l’exécutif espère réduire de 100.000 le nombre de malades de longue durée d’ici 2030. L’objectif affiché est également de générer 1,9 milliard d’euros d’économies.
Frank Vandenbroucke
Mathieu Col
Lucien Bersot

