L’ancien premier ministre Ousmane Sonko a fait référence à l’origine africaine de plusieurs joueurs des Bleus dans une interview à France 24 et RFI.
C’était une banale question de sport, mais Ousmane Sonko a préféré en donner une « conférence politique ». Après avoir balayé l’actualité chaude de son pays au micro de France 24 et RFI lundi – crise politique, gestion de la dette, crise universitaire, etc. -, le président de l’Assemblée nationale sénégalaise a été invité à donner son pronostic pour la rencontre France-Sénégal de ce mardi soir au Mondial 2026. « Je pense que le Sénégal va gagner. Je le souhaite en tout cas comme tous les Sénégalais»a débuté l’ancien premier ministre, avant d’ajouter : «Ce n’est qu’un match de football, mais pour avoir une lecture politique de ce match, quel que soit le vainqueur, c’est l’Afrique qui aura battu l’Afrique.»
Une référence pleinement assumée à l’origine africaine de plusieurs joueurs des Bleus. Selon Ousmane Sonko, la « configuration de l’équipe nationale française » est le symbole du dynamisme démographique de tout un continent, et doit amener les Africains à «connaître» et «assumer» leur «valeur». Cela amène également une «réflexion sur la relation entre la France et l’Afrique», ajoute celui qui fait figure de principal opposant au président sénégalais Bassirou Diomaye Faye.
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«Les vérités qu’ils ne veulent pas admettre»
Des discussions sur l’origine des joueurs de l’équipe de France font régulièrement surface lors de grandes compétitions. Après la Coupe du monde 2022 remportée par l’Argentin contre la France en finale, certains supporters argentins Avait entonné des chants racistes y faisant préciser référence. «Ils jouent pour la France mais viennent tous d’Angola. C’est bien, ils savent courir, ce sont des trans comme ce pu*** de Mbappé. Sa mère est Nigériane (Franco-Algérienne, en réalité), son père est Camerounais, mais sur le passeport : français», disait le refrain, qui avait suscité un tollé.
En juillet 2024, plusieurs joueurs argentins Avaient repris ce chant dans la foulée de leur victoire à la Copa America. La FFF avait saisi la FIFA et déposé plainte en justice «face à la gravité de ces propositions choquantes, contraires aux valeurs du sport et aux droits humains». Le président Philippe Diallo avait été condamné «avec la plus grande fermeté» ces propositions «racistes et discriminatoires inacceptables».
La polémique avait gagné jusqu’au vestiaire des Bleus : le défenseur Jules Koundé avait qualifié la scène de “lamentable”, et le gardien Hugo Lloris déplore une « attaque en règle contre le peuple français » . À l’inverse, la vice-présidente argentine avait apporté son soutien aux joueurs argentins : «Aucun pays colonialiste ne va nous intimider pour une chanson ou pour dire les vérités qu’ils ne veulent pas admettre, at-elle lancé sur ses réseaux sociaux. Assez de feindre l’indignation, hypocrites.»
Rappelons que la France est le pays de naissance le plus représenté à la Coupe du monde 2026 : 99 joueurs y ont vu le jour parmi les 1248 sélectionnés, dont 23 des 26 Bleus. Les binationaux garnissent notamment en nombre les rangs de la République démocratique du Congo, du Maroc, de l’Algérie ou encore de Haïti.

