La députée LFI Aurélie Trouvé, rapporteure de la commission d’enquête sur « les fonds spéculatifs », a déclaré la place « système » des fonds d’investissement dans l’économie française, avec l’appui de Bpifrance, et prévoit le recrutement de hauts fonctionnaires par ces acteurs financiers. Cette commission publie ce lundi ses conclusions, après s’être penchée sur la « prédation des capacités productives par les fonds spéculatifs ». Ces derniers ont « envahi notre économie », avec « des pratiques prédatrices », affirme Aurélie Trouvé. « D’un côté, il y a des politiques qui maintiennent très fortement les fonds d’investissement, (avec) notamment des avantages fiscaux, et de l’autre, une absence quasi totale de règles ou de contrôle de pratiques prédatrices », at-elle déploré.
Elle estime que l’essor de ces acteurs financiers remonte à 2012 avec le quinquennat de François Hollande puis les deux mandats d’Emmanuel Macron. Dans le rapport, il est indiqué que la France « figure parmi les marchés les plus actifs de cette industrie », selon la Banque de France et France Invest, qui défend les intérêts du secteur. Les parlementaires se sont notamment penchés sur les rachats d’entreprise par effet de levier, Lever buy-out ou LBO en anglais, qui cohérent à financer l’acquisition de l’entreprise par ses revenus à venir.
Leur rapport considère que ces opérations « organisent méthodiquement le transfert de richesse des entreprises vers leurs actionnaires » et que la France en est devenue « le principal terrain de chasse sur le continent européen ». Ou encore, « l’horizon temporel et les exigences de rendement » des fonds, souvent étrangers, « sont structurellement incompatibles avec les besoins de pérennité de notre tissu productif », estiment les parlementaires.
Le rôle de Bpifrance en question
Ils soulignent également le rôle de la banque publique d’investissement Bpifrance, accusée de « soutenir fortement les fonds de capital-investissement » et d’être « principalement guidée par la performance financière au détriment de sa mission d’intérêt général ». En audition devant la commission d’enquête, le dirigeant de Bpifrance, Nicolas Dufourcq, avait estimé que cette vision des choses ne « correspond(ait) absolument pas à la réalité ».
Aurélie Trouvé déplore également le « pantouflage » de hauts fonctionnaires, voire de ministres, dans des fonds d’investissement. Cela pose un « énorme problème » selon elle, pertinent notamment la « proximité » entre Nicolas Dufourcq et Bruno Bézard, désormais dirigeant du fonds Cathay Capital qui est « un des premiers fonds financés par Bpifrance ».

