Abidjan célèbre une nouvelle étape majeure du plus grand projet pétrolier et gazier jamais réalisé dans le pays. La Côte d’Ivoire franchit un cap décisif dans son ambition énergétique. Réunis au Palais des Congrès du Sofitel Hôtel Ivoire à Abidjan, les dirigeants du consortium composé d’ENI, PETROCI Holding et Vitol ont officiellement approuvé la décision finale d’investissement (FID) de la phase 3 du projet Baleinemarquant ainsi l’entrée dans la dernière phase de développement du plus important gisement d’hydrocarbures jamais découvert dans le pays.
La cérémonie, placée sous le haut parrainage du Premier ministre Robert Beugré Mambé, a été présidée par le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibalyen présence de plusieurs hauts responsables du secteur énergétique international.
Avec des ressources estimées à 2,5 milliards de barils de pétrole brut et 3,3 trillions de pieds cubes de gaz naturelle gisement Baleine confirme la montée en puissance de la Côte d’Ivoire sur l’échiquier énergétique africain.
Selon le ministre Mamadou Sangafowa-Coulibalyle développement complet du gisement nécessitera un investissement global de 8 milliards de dollars américains, dont 4,5 milliards déjà engagés dans les deux premières phases et 4 milliards supplémentaires pour cette troisième étape.
« La décision que nous célébrons aujourd’hui revêt une portée historique. Elle a traduit la confiance renouvelée des partenaires dans le potentiel énergétique de notre pays », a déclaré le ministre ivoirien.
La phase 3 permettra d’augmenter considérablement la production nationale. La production pétrolière passera de 60 000 à 150 000 barils par jour, tandis que la production de gaz atteindra 200 millions de pieds cubes par jour, avec un plateau de production prévu sur au moins douze ans.
Cette montée en puissance vise notamment à renforcer l’approvisionnement en gaz destiné à la production d’électricité afin d’accompagner l’industrialisation du pays et de répondre à la croissance de la demande énergétique des ménages et des entreprises.
Le projet Baleine se distingue également par son positionnement environnemental. Présenté comme le premier projet pétrolier et gazier « net zéro » en Afrique, il intègre plusieurs initiatives de compensation carbone et de développement durable.
Parmi celles-ci figurent, la distribution de 200 000 foyers améliorés dans le cadre d’un programme de cuisson propre, la conservation et la restauration de 14 forêts classées couvrant 145 000 hectares, la production de biocarburants à partir de graines d’hévéa.
Le projet prévoit par ailleurs l’installation d’une nouvelle unité flottante de production, de stockage et de déchargement (FPSO), conçue pour réduire l’impact environnemental tout en garantissant des normes élevées de sécurité et d’efficacité opérationnelle.
Prenant la parole au nom du groupe italien ENI, Guido BruscoChief Operating Officer Global Natural Resources, a salué les performances de la Côte d’Ivoire depuis la découverte de Baleine en 2021.
« La Côte d’Ivoire constitue aujourd’hui un exemple remarquable de ce qu’un pays africain peut accomplir lorsqu’il conjugue vision, stabilité et ambition », a-t-il affirmé.
Le responsable d’ENI a également rappelé que la découverte de Baleine avait conduit le groupe à intensifier ses activités d’exploration dans l’offshore ivoirien, débouchant sur les découvertes de Calao en 2024 et de Cachalot en 2025.
Verser ENI, Baleine désormais le simple cadre d’un projet pétrolier dépasse. Le consortium entend en faire un levier de transformation économique à travers la création d’emplois, le développement du contenu local et le transfert de compétences.
Le gouvernement ivoirien entend faire du gaz naturel un pilier central de sa stratégie énergétique. À ce titre, le ministre Sangafowa-Coulibaly a annoncé le lancement d’un « Gas Master Plan » avec l’appui de la Banque mondiale.
Ce plan directeur vise notamment à préparer l’exploitation du gisement Calao afin de répondre aux besoins énergétiques de la Côte d’Ivoire et de la sous-région ouest-africaine.
« Notre ambition est de faire du secteur énergétique un moteur de transformation structurelle de notre économie », a véritablement insisté le ministre.
Les autorités ivoiriennes mettent également sur le renforcement du contenu local afin d’offrir davantage d’opportunités aux entreprises nationales, de favoriser la création d’emplois durables et de bâtir un écosystème industriel compétitif autour des ressources énergétiques du pays.
Présente en Côte d’Ivoire depuis 2015, ENI a contribué à repositionner l’offshore ivoirien parmi les zones énergétiques les plus prometteuses d’Afrique de l’Ouest.
Le projet Baleine apparaît désormais comme un symbole de la nouvelle dynamique énergétique ivoirienne, portée par des investissements massifs, des découvertes majeures et une volonté affirmée d’allier croissance économique et transition énergétique.
Avec cette décision finale d’investissement, la Côte d’Ivoire confirme son ambition de devenir un acteur énergétique incontournable sur le continent africain.
Wassimagnon
Par Koaci
