
Comment se construire, comment imaginer son avenir, comment croire en ses rêves lorsqu’on passe sa terminale de lycée de banlieue parisienne dans une « classe poubelle » comme les élèves eux-mêmes la surnomment ? Marion Fritsch publie L’École de la vie aux éditions Albin Michel.
Ils s’appellent Antoine, Inès, Adama, Clara, Rachid ou Fanny. Ils ont 17 ans, des sacs vides et forment « la classe poubelle ».
L’École de la vie est un roman écrit à la première personne du singulier qui mélange histoire personnelle, fiction et réalité.
Marion Fritsch puise dans ses souvenirs de lycée et fait parler des anciens camarades de classe de terminale STMG (Sciences et technologies du management et de la gestion) : une filière du lycée général et technologique en France : « Ce sont les années qui m’ont le plus appris ».
Un livre, écrit en vers libres — à mi-chemin entre la poésie et la narration. Les polices varient, certains passages sont en italique, d’autres en majuscules, des mots se lisent verticalement, s’éparpillent au beau milieu d’une page ou forment carrément un portrait… Sans que jamais le lecteur ne soit perdu : le texte en sorte encore plus vivant ; une façon de le rendre plus musical, de lui donner du souffle : « Je voulais faire ressortir des émotions, par une écriture visuelle. »
Elle restitue une langue adolescente et jeune du début des années 2000 : « Il y a beaucoup d’oralité dans mon écriture », précise-t-elle. Elle évoque à travers les portraits de plusieurs de ses anciens camarades des thèmes chers à l’adolescence tels que l’homosexualité, les grossesses précoces, la violence sociale dans une classe quelque peu méprisée par les professeurs qui parlent d’eux comme on parlerait d’une brigade criminelle.
Elle raconte également avoir grandi en banlieue avec « de grandes lacunes scolaires » et le sentiment de ne « jamais réussir ».
L’autrice publie également des recueils de poèmes et des textes sur les réseaux sociaux. Elle est convaincue que « tout le monde peut lire, être touché par la poésie ».
Invité : Marion Fritsch, écrivaine et poète. Elle a créé son compte Instagram @unlivre_unehistoire.
Elle anime des ateliers d’écriture au tribunal de Bobigny avec des jeunes en réinsertion. Fils romain L’École de la vie est paru aux éditions Albin Michel.
Et la chronique Ailleurs nous emmène à Kigali, au Rwanda, où le Centre culturel francophone fête cette année ses cinq ans.
Programmation musicale : L’artiste montréalais Mathieu Des Longschamps avec le titre Le vert et le bleu.

