Pesticides, SPFA, cadmium… : les politiques publiques françaises en matière de santé environnementale sont « sous-dimensionnées » au regard d’enjeux « colossaux », alerte un rapport d’information parlementaire publié ce jeudi.
« Une politique encore émergente et sous-dimensionnée »
Ce rapport d’évaluation des politiques de santé environnementale, présenté par la députée écologiste Catherine Hervieu, formule 85 recommandations très variées et souvent déjà imaginées par d’autres institutions. Il répond à une inquiétude croissante au sujet des conséquences pour la santé publique de pollutions multiples des environnements, souvent liées aux activités agricoles ou industrielles : pesticides, polluants éternels (PFAS), microplastiques ou cadmium – mais aussi le bruit.
« Face à des enjeux vertigineux et une demande d’action publique et de protection de plus en plus forte, la santé environnementale constitue une politique encore émergente et sous-dimensionnée dont les moyens et les outils sont hors de proportion avec les besoins », constate d’emblée le rapport.
« Chef de file »
Du côté des solutions, il préconise de renforcer l’expertise et la surveillance avec une approche « globale et décloisonnée des enjeux » et de « mobiliser pleinement le levier réglementaire en agissant à la source des pollutions ». Le rapport suggère de rendre plus cohérent le pilotage des politiques de santé environnementale en confiant un rôle de « chef de file » aux ministères chargés de l’Environnement et de la Santé.
Le ministère de la Santé est proposé comme tutelle principale de l’Agence de sécurité sanitaire (Anses)dont la responsabilité est aujourd’hui partagée entre quatre tutelles, dont le ministère de l’Agriculture. Le rapport appelle à réduire la part des financements de l’agence provenant de ce dernier. L’Anses pourrait être chargée d’une mission de « planification de la santé environnementale ».
Focus sur les pesticides
Des recommandations concernent spécifiquement les pesticidespour que leur utilisation et leur présence dans l’environnement soient mieux surveillées. La première proposition est d’ailleurs consacrée à ces produits, soupçonnés de favoriser plusieurs pathologies, et appelle à « une évaluation quantitative de l’impact sanitaire » liée à leur usage.
Cette publication intervient au moment où la ministre de l’Agriculture Annie Genevard vient de présenter une loi d’urgence agricole censée répondre à la colère des agriculteurs.
Le texte a suscité de vives réactions d’ONG environnementales, en particulier contre son volet sur la gestion de l’eau. Le débat parlementaire pourrait être une occasion d’y inclure des mesures de la proposition de loi dite « Duplomb II » sur la réintroduction des pesticides interdits.
