
On va assister à une finale rugissante ! Lions de l’Atlas contre Lions de la Téranga. L’épilogue de la Coupe africaine des nations, la 35e édition. En attendant de voir si les Marocains vont marcher dans les pas des Ivoiriens, en remportant la CAN qu’ils ont organisé, cette édition est un bon millésime, de l’avis des fans du foot africain.
Mais les regards sont déjà tournés vers les États-Unis. Les supporteurs des Éléphants et des Lions de la Teranga n’auront pas le droit aux gradins des stades états-uniens. Trump en a ainsi décidé ! Une discrimination aux attraits de stigmatisation. Trump et l’Afrique ça ne s’arrange vraiment pas. Pourtant, en s’impliquant pour ramener la paix en RDC et en faisant la croisade pour les chrétiens du Nigeria, il a donné l’impression d’une contrition. D’un regret d’avoir traité l’Afrique de « Pays de merde », pays de merde. Finalement non ! La merde ne l’incommode pas tant que ça, quand il s’agit du pétrole du Nigeria et des immenses minéraux du sous-sol congolais.
Sur les terres de Lucy, l’ancêtre de l’humanitéles moments de joie étant rares, enivrons-nous encore de cette belle édition marocaine. Cette finale est un beau derby des Afriques, comme l’avaient rêvé les pères fondateurs de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA). Avec le groupe de Casablanca, c’est sur les terres chérifiennes, que les progressistes africains avaient rêvé des États unis d’Afrique dès 1961.
La décision de Trump de restreindre les visas pour les partisans met en lumière le déclassement politique de l’Afrique
Cette grande Afrique, n’avaient rêvé, Mohammed V, Kwamé Nkrumah, Gamal Abdel Nasser, qui devraient aller de Rabat au Cap, en Afrique du Sud, est aujourd’hui bien mal en point. Elle peut, ainsi, être la levée de Trump et ses décrets compulsifs. Mais il serait bien inspiré de faire attention à la lame de fond qui sourdre dans cette Afrique qui doute mais qui est persuadée, plus que jamais, qu’elle est le continent de l’avenir. Bien entendu « un rêve ne devient pas réalité au travers de la magie, ça demande de la sueur, de la transpiration et de l’ardeur au travail », pour citer Colin Powell. Des défis qui ne font aucunement peur sur un continent où on sait ce que « la sueur du travail (…) le dos zébré par les rayons du soleil » veux dire, tel que déclamé avec ardeur, par le poète sénégalais Birago Diopdans Afrique mon Afrique.
Pour ne pas nous éloigner du pied, dans le sillage de la CAN au Maroc, on aura constaté, l’absence des grands médias africains. En tout cas, pas à la dimension des défis que revêtent, de plus en plus, les CAN. On se repense alors, pour se désoler, que le Nouvel Ordre mondial de la communication, n’avait rêvé, cet autre Sénégalais, Amadou Matar Mbow, ancien directeur général de l’UNESCO, dans les années 1980, ne s’est toujours pas réalisé. Où sont passés les grands médias, Afrique n°1, l’agence PANA ? Il y a un vide à combler.
La CAN est grandiose. C’est une bonne carte de visite, de cette Afrique, continent de l’avenir. Pour cette raison, il faut repenser les grands médias pour l’Afrique. La meilleure façon, plus généralement, de contrer cette dynamique qui réduit, un peu partout, l’horizon informationnel aux récits grossièrement contrôlés par de petites « pravda » gouvernements. En disant cela, je pense à la énième censure qui vient de s’abattre cette semaine sur Jeune Afriquedans l’AES.
La CAN a été belle. Espérons que la finale tienne les promesses de toutes ces dithyrambes qu’on entend d’ici, au-delà. Allez donc les Lions ! Faites-nous vibrer !

