Une série de réformes du marché du travail ne pourra pas entrer en vigueur le 1er avril, comme prévu, mais le 1er juin, notamment la suppression de l’interdiction du travail de nuit.
La commission des Affaires sociales de la Chambre a entamé mercredi l’examen d’un projet de loi du ministre de l’Emploi, David Clarinval. Le texte vise à stimuler la compétitivité des entreprises et à atteindre l’objectif d’un taux d’emploi de 80 % en 2029. Il est dense : il contient les dispositions en matière de travail de nuit que l’Arizona veut considérablement assouplir, la réduction de la durée hebdomadaire minimale de travail, l’allègement des procédures de règlements de travail et du régime des heures supplémentaires ou encore la limitation de la durée maximale du préavis en cas de licenciement à 52 semaines.
Les discussions au sein du gouvernement ont été plus longues que prévu. Le projet de loi n’a été transmis à la Chambre qu’au mois de février. Au vu des débats qui s’annoncent au parlement et puisque le gouvernement n’a pas requis l’urgence, un vote d’ici le 1er avril est devenu impossible.
La majorité a introduit des amendements pour repousser l’entrée en vigueur au 1er juin. Les députés Anders Vincent Van Quickenborne et Alexia Bertrand soutiennent les mesures, et veulent même aller plus loin. Ils ont déploré un « travail bâclé » du gouvernement.
« Un projet qui attaque en profondeur les droits des travailleurs »
À gauche, le ton était bien différent. « Ce projet de loi attaque en profondeur les droits des travailleurs », a déclaré Sophie Thémont (PS). « Sous prétexte de rendre la Belgique concurrentielle, vous ouvrez grand la porte à une course vers le bas des conditions de travail ». Comme sa collègue Nadia Moscufo (PTB), elle a notamment ciblé le travail de nuit et ses conséquences graves pour la santé, ainsi que la limitation du préavis, qui bouscule l’équilibre trouvé en 2014 entre partenaires sociaux dans l’harmonisation des statuts ouvrier-employé.
La longueur de l’intervention du député communiste a agacé plusieurs représentants de la majorité. « Les travailleurs de ce pays sont très fort touchés par la politique de ce gouvernement. En tant qu’élus, nous avons un devoir de transparence et d’expliquer toutes les répercussions que la classe travailleuse subira », at-elle expliqué.

