Publié le
21 janvier 2026
Son nom est à peine connu et pourtant, la voilà déjà dans les airs. La jeune maison d’artisanat française Paon-Paon s’offre même un nid niché au 11, rue du Dragon (Paris VIe), qui ouvrira le 30 janvier prochain. Une volonté d’Emmanuel Gavache, son directeur général, qui l’a cofondée aux côtés d’Aurélie Introzzi, directrice de la création de ladite griffe.

Fondée en décembre 2025, la jeune maison arrive sur le marché avec une offre de chaussures féminines entre sandales, mules, escarpins et bottines aux formes galbées par endroits, tranchantes par d’autres. Le tout décliné dans de nombreuses teintes et matériaux, entre cavallino rose ou blanc, laminé ou noir, cachemire noir ou bleu… Avec ses souliers de luxe vendus entre 500 et 700 euros, Paon-Paon espère séduire les femmes parisiennes et s’intégrer dans leur vestiaire.
Grain de folie et sourcing « radical »
À l’origine de ces créations, Aurélie Introzzi explique : “Je crée des chaussures parce que je crois profondément qu’elles peuvent changer bien plus qu’une silhouette. Une chaussure porte une posture, et une posture transforme l’allure, la confiance, la façon d’entrer dans une pièce et d’habiter le monde.” Son ambition : apporter un grain de folie au luxe.

Confectionnées près de Milan chez un fabricant unique, les chaussures Paon-Paon font l’objet d’un sourcing « radical » organisé par Emmanuel Gavache, conscient des futures exigences liées à la transparence de la production. Le cuir provient, par exemple, de veaux élevés à proximité des tanneries qui le traitent. Soucieux de la transparence de la maison, le directeur général explique pouvoir même organiser des visites des locaux de ses partenaires.
“Je pense qu’on ne se déclare pas produit de luxe”
Avec une production actuelle entièrement italienne, la maison d’artisanat espère à terme pouvoir produire en France, alors qu’Emmanuel Gavache regrette le « bashing » entourant la difficulté d’entreprendre dans l’Hexagone. Dans cette perspective de développement, l’offre devrait s’élargir progressivement à la maroquinerie, puis au prêt-à-porter d’ici les deux prochaines années. Le fondateur préfère d’ailleurs parler de « maison d’artisanat » plutôt que de luxe. “Avant de mériter le label luxe, il faut avoir une réelle existence pour être identifié comme tel. Je pense qu’on ne se déclare pas produit de luxe”, affirme-t-il.

Cette recherche d’un sens pour le mot luxe revient également dans les mots d’Aurélie Introzzi. “Après douze ans à créer et perfectionner le confort du chaussant – une obsession qui ne m’a jamais quittée -, entourée d’artisans d’exception en Italie, l’envie s’est imposée de faire un pas de plus, aller plus loin pour revenir à ce qui m’anime vraiment : l’humain, la nature, la matière, les couleurs, le vivant”, détaille-t-elle.
Une première année charnière pour la jeune maison
Troisième figure du triumvirat, la présidente de Paon-Paon Catherine Teurquetil est, elle, passée par la mode et la communication, avant d’enchaîner avec la fondation d’une marque de décoration pour enfants puis la reprise du domaine viticole familial. Ces expériences lui permettent aujourd’hui d’accompagner “la vision et les grandes orientations de la maison”. Selon elle, le défi de cette première année est d’installer une image puissante et une vision de marque affirmée.

La présidente met également en lumière le moteur de sa participation à l’aventure Paon-Paon : “La liberté créative et la vision artistique m’ont immédiatement séduite, en parfaite résonance avec ma sensibilité pour le luxe et la mode.” Elle poursuit : “La qualité de l’équipe, mon envie assumée de renouer avec un univers de création exigeant et une intuition très forte du succès à venir ont rendu la décision évidente.”
Une distribution “maîtrisée”
Après un an de préparation, Paon-Paon est, à peine lancé, d’ores et déjà distribuée au Printemps à New York. Une présence “symboliquement forte” pour Emmanuel Gavache, qui travaille à une distribution “maîtrisée”. La marque a parallèlement fait ses débuts en ligne et au sein des rayons de 58M à Paris, et espère travailler avec Le Bon Marché dans la capitale, ainsi qu’avec les Galeries Lafayette dans d’autres villes de France.

Pour l’heure, la priorité est à sa boutique en propre. L’espace de 70 mètres comporte des carrés de 40 mètres carrés destinés à la vente et 30 mètres carrés dédiés à un pôle retouches et personnalisation des produits. Ce dernier service devrait être assuré par des artisans français. Les chaussures Paon-Paon, dans cet esprit de prolongation de la vie des articles, disposent d’une semelle de propreté amovible remplaçable dans les ateliers italiens.
Sourcing « radical », prolongation de la vie des produits, créations luxueuses… Cela ne semble pas suffire au directeur général de la maison. Avec un historique d’investissements dans les nouvelles technologies, Emmanuel Gavache prévoit de mettre à contribution son expérience dans le secteur. Il ambitionne ainsi d’utiliser un scanner LiDAR auprès de clients volontaires afin d’adapter les chaussures Paon-Paon aux formes de pieds actuelles. Car, quitte à prendre son envol, autant déployer ses ailes dans l’air du temps.
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