L’agriculture biologique repose sur le Setomaa estonien au Tarn-et-Garonne. Sous une chaleur précoce, maraîchers et lycéens échangent savoir-faire et chants traditionnels, unissant pratiques durables et ouverture culturelle.
C’est sous un soleil cuisant que la délégation du Setomaa a sillonné les routes du Tarn-et-Garonne. Né d’un voyage en sac à dos, Christophe Squarcioni a fait fructifier au fil des années les relations entre cette région de l’Estonie et Moissac et ses environs. Pour la quatrième fois, une délégation est venue visiter la région, avec comme thème cette année l’agriculture. Au cœur d’un programme chargé, les visiteurs ont fait halte au lycée professionnel agricole de Moissac, dont le parvis arbore un jardin seto verdoyant. “C’est très surprenant de voir ces plantes ici. On se sent finalement à l’aise”, confie un membre du groupe.
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La délégation est composée de plusieurs maraîchers bio setos. Un secteur très important dans le Setomaa, c’est pourquoi le ministre de l’Économie seto, Margus Timmo, fait également partie des visiteurs. Ils ont été accueillis par la proviseure de l’établissement, Martine Blanc, ainsi que par Patrice Garrigues, conseiller régional. “Nous sommes ravis de vous recevoir. L’agriculture constitue, aux côtés de l’aéronautique et du tourisme, l’un des trois piliers majeurs de notre économie régionale”, explique Patrice Garrigues lors d’une brève présentation du territoire.
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Enjeux climatiques et avenir
Au fil des discussions, les délégués baltes et leurs hôtes tarn-et-garonnais ont partagé le même constat face aux défis d’avenir de la filière. “Nous sommes une région très attachée à l’agriculture biologique”, explique Margus Timmo, ministre de l’Économie. “Cependant, nous sommes confrontés à de nouveaux défis, notamment liés au réchauffement climatique.” Une halte qui résonne comme une évidence, au moment même où une vague de chaleur précoce s’abat sur l’Hexagone et le sud de l’Europe.
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Dans les fermes maraîchères du Tarn-et-Garonne, les Setos ont pu découvrir plusieurs techniques. “Pour nous, le problème de la chaleur, c’est assez nouveau. Ici, on a pu voir des exploitations qui faisaient de l’arrosage au goutte-à-goutte”, confie un agriculteur seto. Le groupe a également pu apprécier les méthodes du maraîchage diversifiées, avec plusieurs cultures planifiées dans l’année. De nouvelles méthodes, mais aussi des ressemblances. “On a remarqué que vous utilisiez aussi certaines fleurs pour lutter contre les insectes.”
Échanges culturels
Bien que l’agriculture soit au cœur du projet, c’est aussi un moment de partage culturel. Pour remercier l’accueil du lycée moissagais, les invités ont fait une démonstration du Leelo seto, un chant polyphonique traditionnel classé au patrimoine immatériel de l’UNESCO. Cette improvisation vocale est lieu saluer la chaleur de l’accueil occitan, ainsi que remercier l’établissement pour le soin apporté au jardin seto.
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En réponse, Martine Blanc, proviseure de l’établissement, Patrice Garrigues, conseiller régional, et des lycéens ont chanté “Se Canta”. “C’est important pour nous de favoriser ce type d’échange. Notre rôle est aussi d’ancien de futurs citoyens, et l’ouverture vers l’autre est un bon outil pour se construire”, souligne Martine Blanc. Après un échange de cadeaux, la troupe estonienne a continué son parcours dans le Tarn-et-Garonne. Ils reviendront samedi à Moissac pour une visite guidée de l’abbaye avant de s’envoler pour l’Estonie dimanche.

