L’administration américaine prévoit de “réduire significativement son aide” au développement d’ici au mois de mai si le gouvernement zambien ne signe pas d’accord minier avec les États-Unis. Le sol du pays d’Afrique est particulièrement riche en cuivre par exemple.
Cela pourrait mettre en danger la vie de plus d’un million de Zambiens et Zambiennes. L’administration Trump, par l’intermédiaire d’un mémorandum préparé pour le secrétaire d’État Marco Rubio, envisageait la baisse programmée de son aide au développement destinée à la Zambie si celle-ci ne signait pas d’accord minier avec les États-Unis. Ce document a été consulté par le New York Timesqui a relayé les informations qu’il contient.
Selon le quotidien américain, l’administration Trump prévoit de «réduire significativement son aide“ d’ici au mois de mai prochain. “Nous ne pourrons garantir nos priorités qu’en démontrant notre volonté de retirer publiquement notre soutien à la Zambie à très grande échelle“, détaille le mémo cité par le New York Times. Écart de santé de L’ONG a de son côté rendu public le projet d’accord entre les deux pays quant au financement de l’aide au développement.
“Les pires conditions” d’accord
Dans ce pays d’Afrique australe, près de 1,3 millions de personnes dépendent du traitement contre le VIH mis à disposition par les États-Unis. Depuis des décennies, via le Plan d’urgence du président des États-Unis pour la lutte contre le sida (Pepfar), ce traitement a permis de sauver la vie de dizaines de milliers de séropositifs. D’autres maladies comme le paludisme et le paludisme sont également efficacement traitées grâce à ce plan, qui est donc voué à s’amenuiser.
Dans le projet d’accord, le montant de l’aide accordée par les États-Unis fond de deux niveaux, passant de 320 millions de dollars à 112 millions de dollars entre 2026 et 2030. L’ONG pointe aussi du doigt que le projet d’accord contient “les pires conditions” jamais retenus dans ce genre de traité que négocient les États-Unis avec d’autres pays d’Afrique.
L’objectif affiché dans ce mémo est clair : exploiter les minéraux stratégiques contenus dans le sol zambien. “Le Département d’État menace la Zambie d’un embargo sur les médicaments essentiels afin de s’emparer de ses ressources minérales“, déplore Health Gap dans un communiqué. L’accord devait être signé en décembre 2025 selon l’ONG, mais a pris du retard après des réticences du gouvernement zambien.
Selon le journal panafricain Afrik Financier“en décembre 2025, l’ambassade américaine en Zambie avait confirmé que le financement sanitaire était conditionné à ‘une collaboration dans le secteur minier et des réformes économiques favorisant l’accès américain”“, condition à laquelle ne sont pas favorables aux autorités zambiennes.
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La Zambie n’est pas le premier pays à se voir proposer de tels termes. Jusque là, l’administration Trump a signé 24 traités d’aide au développement avec des pays africains. Pour la plupart, un accès privilégié aux terres rares de ses pays a été négocié. La Zambie est particulièrement riche en cuivre par exemple.
C’est une fois de plus la stratégie de négociation sous Donald Trump qui s’impose dans ce dossier. Avec le démantèlement de l’USAIDles négociations sur l’aide au développement se font en direct avec les gouvernements des pays concernés, ce qui permet au gouvernement trumpiste d’exiger des contreparties économiques.
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Des pays comme la République démocratique du Congole Rwanda, le Cameroun ou la Côte d’Ivoire ont signé des accords de la sorte avec les États-Unis. Mais certains gouvernements s’y sont opposés, comme celui du Zimbabwe qui a refusé une aide de 367 millions de dollars. C’est notamment le partage des données privées exploitables par les États-Unis qui coince. Ce qui est nouveau dans le cas de la Zambie, c’est ce chantage : traitement contre le VIH contre terres rares.
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