Après avoir repoussé de cinq jours l’ultimatum sur la réouverture du détroit d’Ormuz, Donald Trump semble vouloir s’engager sur la voie d’une désescalade dans la guerre contre l’Iran. Le président américain assure que des négociations ont débuté avec le régime de Téhéran, même si elles semblent encore à un stade préliminaire.
Le Pakistan, la Turquie et l’Égypte jouent les intermédiaires. Les ministres des Affaires étrangères des trois pays sont entretenus séparément avec Abbas Araghchi, leur homologue iranien, et Steve Witkoff, l’envoyé spécial de Donald Trump. L’émissaire du président américain qui a conduit les discussions sur l’Ukraine et Gaza est à nouveau en première ligne. Steve Witkoff a eu également des échanges directs avec Abbas Araghchi.
Ghalibaf, « l’homme le plus puissant d’Iran »
Le Pakistan s’est dit prêt à accueillir les discussions entre les États-Unis et l’Iran. La diplomatie pakistanaise travaille à organiser une réunion au sommet à Islamabad. Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, pourraient y rencontrer Mohammad Bagher Ghalibaf, le président du Parlement iranien. Le pouvoir de ce pilier du régime s’est encore renforcé depuis l’assassinat de nombreux hauts responsables iraniens dans les frappes américaines et israéliennes sur Téhéran. « C’est probablement aujourd’hui l’homme le plus puissant d’Iran. Son portefeuille chevauche les fonctions militaires, sécuritaires et politiques du régime », estime Arash Azizi, enseignant à l’université américaine de Yale.
Mohammad Bagher Ghalibaf bénéficie de l’effacement du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei, qui reste dans l’ombre et dont le sort reste incertain. Le fils et successeur d’Ali Khamenei n’est pas apparu en public ou en vidéo depuis sa nomination après avoir été probablement blessé lors de l’attaque qui a coûté la vie à son père. Une rencontre avec JD Vancele vice-président américain, est également évoqué mais semble très improbable.
Les atouts du Pakistan
Le rôle de médiateur du Pakistan s’explique par les liens étroits que les dirigeants pakistanais entretiennent avec les États-Unis depuis que Donald Trump est revenu à la Maison Blanche. Le pays a des atouts pour jouer les intermédiaires. Voisin de l’Iran, il est musulman et non arabe et n’abrite pas de base militaire américaine. Donald Trump ne peut pas compter sur une médiation des pays du Golfe qui accueillent des bases américaines et qui subissent des frappes de l’Iran. Le Qatar, qui avait facilité le cessez-le-feu à Gaza, ne semble pas prêt à offrir ses services, même si le petit émirat n’a plus été visé par l’armée iranienne depuis jeudi dernier.
Ces très hypothétiques négociations peuvent-elles faire retomber la tension ? Malgré le régime décapité et la pression militaire, l’Iran a été échaudé par l’échec des discussions diplomatiques précédentes avec les États-Unis en 2025 et début 2026. « Rien n’est encore en vue quant aux modalités d’un cessez-le-feu ou d’un accord permettant de résoudre les problèmes à long terme, notamment le tri des stocks d’uranium en Iran ou la réouverture du détroit d’Ormuz », souligne Ali Vaez, directeur du projet Iran au sein de l’International Crisis Group, dans le New York Times. L’annonce de discussions avec l’Iran vise aussi un autre objectif : Donald Trump cherche à gagner du temps et à faire retomber la fièvre qui s’est emparée des marchés du pétrole et du gaz.

