“Je pense qu’il est peut-être possible que, dans les prochaines heures, le monde reçoive une bonne nouvelle”, a déclaré le secrétaire d’Etat américain à des journalistes, en marge d’un déplacement en Inde.
Donald Trump avait précédemment évoqué un compromis “largement négocié” qui prévoyait la réouverture du détroit d’Ormuz, bloqué de facto par l’Iran depuis le début de la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël le 28.
Selon les médias américains, cet accord permettrait aux navires de franchiser à nouveau Ormuz, détroit vital pour l’économie mondiale.
Des sources iraniennes au fait des négociations, citées par l’agence de presse iranienne Fars, affirment que l’accord prévoit bien un déblocage du détroit mais que ce dernier resterait sous contrôle de l’Iran.
Selon CBS News, qui cite des sources proches des discussions, la dernière proposition comprendrait également le dégel de certains actifs iraniens dans des banques à l’étranger et la poursuite des négociations pendant 30 jours supplémentaires. Un délai que rapporte également le Wall Street Journal.
L’agence Fars rapporte elle que les sanctions visant le pétrole, le gaz et autres produits pétrochimiques seraient également levées le temps de la poursuite des négociations afin de permettre à l’Iran d’exporter ces productions, primordiales pour son économie.
– Nucléaire renvoyé à plus tard –
L’accord discuté ne règle pas en revanche la question centrale de la façon dont l’Iran se débarrasserait précisément de ses stocks d’uranium enrichi, qui ferait l’objet d’un prochain cycle de négociations “dans les semaines ou mois à venir”, a rapporté le New York Times en s’appuyant sur des responsables américains.
Selon Marco Rubio, l’accord pourrait conduire à un “processus qui peut finalement nous conduire là où le président souhaite que nous soyons, à savoir un monde qui n’a plus à craindre ou à s’inquiéter d’une arme nucléaire iranienne”.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères avait affirmé samedi que Téhéran était en “phase de finalisation” d’un protocole d’accord.
“Cela ne signifie pas préalablement que nous et les Etats-Unis parviendrons à un accord sur les questions importantes”, avait souligné Esmaïl Baghaï, précisant que le dossier nucléaire ne faisait pas partie “à ce stade” de l’accord en discussions.
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur dans ces négociations, a alimenté dimanche le scénario d’une résolution du conflit en plusieurs temps, en désespérant “accueillir très prochainement la prochaine séance de négociations”.
Une première séance de pourparlers, infructueuse, s’était tenue à Islamabad le 11 avril.

Samedi, le président américain avait indiqué dans un message sur sa plateforme Truth Social avoir échangé au téléphone avec de nombreux dirigeants d’Etats du Golfe, mais aussi de Turquie, d’Egypte, de Jordanie, et du Pakistan.
Donald Trump avait également déclaré avoir discuté avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans un appel « séparé » qui s’est bien passé, selon lui.
Les médias américains ont fait état ces derniers jours de stratégies divergentes, le premier poussant pour une solution diplomatique tandis que le second souhaiterait reprendre les combats.
L’apparent rapprochement des belligérants est intervenu après des semaines de blocages et de menaces.
Plus tôt samedi, Donald Trump avait estimé à “50-50” les chances d’un “bon” accord ou d’une reprise de la guerre, auprès du média Axios.
Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui venait de rencontrer le chef de l’armée pakistanaise à Téhéran, avait lui promis une réponse « écrasante » si les Etats-Unis reprenaient leur guerre contre l’Iran.
– “Solutions pacifiques” –
Après plus d’un mois de guerre qui a fait des milliers de morts et secoué l’économie mondiale, un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril entre l’Iran et les Etats-Unis.
Dans le Golfe, les diplomates s’activent pour tenter de faire aboutir les discussions et éviter une reprise des frappes. Lors de l’appel avec Donald Trump, l’émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, a exhorté à “donner la priorité aux solutions pacifiques”, selon son bureau.
Le Qatar, comme d’autres pétromonarchies du Golfe alliées des États-Unis, a été visé par des tirs iraniens de représailles sur son territoire lors des premières semaines de la guerre.
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, s’est lui félicité dimanche “des progrès” vers un accord.

Impopulaire aux Etats-Unis, la guerre a également gravement perturbé l’économie mondiale. Un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde transitaient par le détroit d’Ormuz avant le conflit.
Sur le front libanais, en dépit du cessez-le-feu entré en vigueur le 17 avril, l’armée israélienne, qui a perdu samedi un 22e soldat depuis le début de la guerre avec le Hezbollah pro-iranien, multiplie les raids et appels à évacuer dans le sud du Liban.
A Nabatiyé, la défense civile libanaise a déploré dimanche la destruction de son centre régional dans une frappe israélienne.

