Élise Lépine est journaliste au Indiquer et à France Culture. Avec son premier roman Les Courants d’arrachementelle livre un portrait sombre et solaire d’une femme qui, dans les années 1950 à Casablanca, se retrouve à un tournant de son existence et doit choisir entre sa vie de femme ou de mère.
Casablanca, 1955. À basse marée, Reine est allongée sur le « rocher des condamnés ». Ce matin, après avoir installé sa fille Rose sur le sable, elle a rejoint cet îlot minéral où, six ans plus tôt, elle a passé des heures, à l’abri des salutations, dans les bras de Jean, son amant.

Pourquoi ce pèlerinage ? Elle vient d’apprendre que Jean est mort. Celui dont elle espérait tant le retour ne viendra pas la sauver de sa tante cruelle, de son frère malsain, de la vie de captif qui l’attend aux côtés de son époux, François, dans l’univers calfeutré d’une bourgeoisie qui vit ses dernières années de faste sous le protectorat français.
Reine cherche une raison de ne pas se laisser prendre par les courants de la marée montante pour rejoindre l’homme de sa vie dans la mort. Ses souvenirs la submergée : sa naissance en France dans une famille nombreuse des années 1930 ; la pauvreté ; la mort de sa mère ; adoption de fils par un couple de notables rattrapés par l’horreur de la Shoah ; l’invitation d’un oncle installé au Maroc ; la mystérieuse disparition de son amant ; le piège du mariage sans amour qui s’est refermé sur elle…
Alternant le temps contracté des chapitres au présent où se joue le suspens d’un possible suicide par noyade et le temps dilaté des chapitres au passé retraçant l’aventure de sa vie, le premier roman d’Élise Lépine se lit comme une saga intime, une épopée dont l’héroïne solaire et désespérée devra, à la fin, choisir son destin. (Présentation des éditions Grasset)
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