L’Assemblée nationale a rejeté ce mercredi les motions de censure déposées par La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN) contre le gouvernement de Sébastien Lecornu pour protester contre la signature samedi du traité de libre-échange entre l’Union européenne et des pays latino-américains du Mercosur. La motion de La France insoumise a obtenu 256 voix, loin des 288 voix nécessaires, la droite et le PS refusant de s’y associer. La motion de censure du RN sur le même thème n’a elle reçu que 142 voix.
Si la France a voté contre la signature de l’accord, l’extrême droite et la gauche hors PS ont d’énoncé une « opposition de façade » ayant échoué à faire barrage à l’accord. Le Premier ministre a lui fustigé « les tireurs couchés » qui « tirent dans le dos de l’exécutif » avec des motions de censure alors que le pays doit « affronter des dérèglements internationaux ». Sur X, Jean-Luc Mélenchon s’est agacé de la non-censure du Parti socialiste : « Le PS a une fois de plus sauvé le gouvernement Lecornu et Macron. Car il n’a manqué que 32 voix. Et les PS sont 69… »
Le Premier secrétaire du PS Olivier Fauré avait écarté dimanche un vote en faveur du texte, jugeant « absurde » de censurer le gouvernement au moment où le président de la République Emmanuel Macron a dit non au traité. « J’avais dit avant la semaine dernière que si Emmanuel Macron votait pour le texte, alors nous allons censurer (…) Il a voté contre », a justifié ce mercredi le président des Républicains. Bruno Détailleau sur Europe 1/Cnews. « La motion de censure en France, ça n’apporte rien du tout. C’est désormais au Parlement européen que cela va se jouer », at-il aussi fait remarquer.
L’exécutif avait brandi la menace d’une nouvelle dissolution
Le dépôt de ces motions de censure avait fait vivement réagir l’exécutif qui avait agité vendredi la menace d’une nouvelle dissolution en cas de censure du gouvernement, faisant savoir qu’il se préparait à des législatives anticipées en même temps que les municipales en mars. L’exécutif avait fait un geste en direction des agriculteurs en s’opposant vendredi à la signature de l’accord avec le Mercosur – en vain, cette position étant minoritaire en Europe. Malgré le « non » d’Emmanuel Macron, LFI accuse le président d’avoir « laissé ouverte la porte de la capitulation de notre pays face à la Commission européenne », voyant dans ses tentatives d’obtenir des contreparties des « artifices ».
Au-delà de l’agriculture, la présidente du groupe LFI à l’Assemblée, Mathilde Panota justifié sur France 2 cette motion pour dénoncer « un gouvernement minoritaire qui est illégitime et continuer une politique coûte que coûte dont plus personne ne veut dans le pays ». Le RN reproche de son côté à l’exécutif d’avoir échoué à faire barrage à l’accord en « n’utilisant pas tous les moyens de négociation à sa disposition ». « Il n’est pas normal que la France, deuxième contributeur net au budget de l’UE, se fasse imposer un tel accord qui lui est si défavorable », jugent les députés d’extrême droite. La motion sert « à soutenir les agriculteurs, ensuite à dénoncer l’hypocrisie et la nullité de ce gouvernement en la matière », a expliqué son vice-président Sébastien Chenu sur Franceinfo.

