La compagnie pétrolière nationale ivoirienne, Petroci, a annoncé le 9 avril dernier la mobilisation de 200 milliards FCFA (environ 305 millions d’euros), afin de « sécuriser la Phase 2 du projet et d’engager le lancement de la Phase 3 » de l’exploitation du champ Baleine.
Dans un communiqué publié sur sa page LinkedIn, l’entreprise précise que cette levée de fonds a été structurée en partenariat avec Ecobank, la Banque nationale d’investissement (BNI) et sa filiale BNI Finances, Coris Bank International et Bank of Africa (BOA).
Phase trois en préparation
Découvert en septembre 2021 par le groupe italien Eni, le gisement Baleine s’est rapidement imposé comme un actif central de la stratégie pétrogazière de la Côte d’Ivoire. Situé en eaux profondes, au large de la côte sud du pays, le projet recèlerait des ressources estimées à 2,5 milliards de barils de pétrole brut et 3 300 milliards de pieds cubes de gaz naturel associé, figurant ainsi parmi les découvertes offshore les plus importantes réalisées en Afrique de l’Ouest au cours de la dernière décennie.
Après une première phase lancée peu après la découverte, la phase 2 est entrée en production en 2024. Une troisième phase, actuellement en préparation et dont la décision finale d’investissement est attendue d’ici la fin de l’année, vise à porter la production à environ 150 000 barils de pétrole et 200 millions de pieds cubes de gaz par jour, renforçant ainsi la position de la Côte d’Ivoire sur le marché pétro-gazier régional.
Selon les données officielles, la nation éburnéenne a produit en 2024 en moyenne 44 139 barils par jour, soit une hausse de 50,25% par rapport à 2023. Le gouvernement ambitionne de porter cette production à 500 000 barils par jour à l’horizon 2035, en s’appuyant sur le développement des hydrocarbures comme levier de croissance et de financement, en complément d’une économie agricole dominée notamment par le cacao, l’hévéa et la noix de cajou.
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Un coup d’État
Cette levée de fonds vient témoigner de la montée en puissance de PETROCI comme acteur majeur de la souveraineté énergétique ivoirienne. Longtemps cantonnée à la gestion des participations de l’État dans les permis d’exploration et de production, l’entreprise publique joue désormais un rôle plus affirmé dans la conduite des grands projets et la mobilisation de financements, portée par le renforcement de sa solidité financière.
En 2024, elle a ainsi enregistré un résultat net de 32,46 milliards FCFA (49,5 millions d’euros), en hausse de 58% sur un an, pour un chiffre d’affaires de 576 milliards FCFA (878 millions d’euros), en progression de 14%. Ces performances s’expliquent notamment par la montée en production de Baleine et une meilleure maîtrise des coûts opérationnels.
Pour 2025, l’entreprise anticipe un résultat net de 35,6 milliards FCFA (54,2 millions €), mettant en œuvre la poursuite du développement du champ et la consolidation de ses capacités de production.
Pour rappel, la Petroci détient le champ Baleine à hauteur de 22,75% aux côtés du négociant Vitol (30%) et de l’italienne Eni qui a annoncé en dernier, la cession de 10% de ses parts à la compagnie nationale pétrolière d’Azerbaïdjan Socar. À l’issue de l’opération, encore soumise aux autorisations réglementaires et aux conditions habituelles de clôture, sa part dans le projet sera réduite à 37,25%.

