Plusieurs jeunes rencontrés aux abords d’une école secondaire de Sherbrooke admettent reconnaître les méfaits du vapotage.
C’est pas bon de commencer ça là, mais, si tu tombes là-dedans, essaie juste d’arrêter le plus vite possible avant de devenir vraiment accro, comme certaines personnes
commente une jeune, vapoteuse à la main.
Moi je trouve ça chaud, et mes chums sont tous plus vieux, fait que je suis tombé là-dedans assez rapidement
raconte un autre adolescent, qui a commencé la cigarette électronique il y a 3 ans.
Je suis un petit peu plus essoufflé qu’avant
souligne-t-il. Mais tu sais, j’ai quand même commencé jeune.

Près de 50 % des jeunes qui fument la cigarette électronique aimeraient arrêter. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Jérémie Camirand
Il a bien tenté d’arrêter d’en consommer, mais l’influence des autres l’a rattrapé.
J’arrête de m’en acheter une, puis au final, toutes mes chums viennent de s’en acheter une, eux, donc, tu dis, je vais aller au magasin, pis je vais m’en prendre une aussi
explique-t-il.
C’est aussi ce que les données de la Santé publique démontrent. Près d’un jeune qui vapote sur deux aimerait arrêter.
On peut constater que tous les gains qu’on avait fait au niveau de la lutte au tabagisme, bien qu’ils soient complètement enrayés par, justement, cette montée-là du vapotage.
Le portrait en chiffres
En 2022-2023, plus de 5500 jeunes d’une trentaine d’écoles secondaires estriennes ont pris part à une enquête provinciale. Ce qu’on y apprend, c’est que près d’un jeune sur cinq affirme avoir vapoté au cours des 30 derniers jours.
Ce qui nous alarme encore davantage, bien c’est qu’on commence même à voir des jeunes au niveau primaire, qui commencent à vapoter. Les données nous démontrent qu’il y a quand même un impact au niveau de la santé cardio-vasculaire, puis également au niveau respiratoire
fait remarquer Olivier Tessier, agent de planification, de programmation et de recherche en promotion et prévention pour la Santé publique de l’Estrie.
Le constat est frappant. Par l’exposition de la vapoteuse, les jeunes consomment aujourd’hui plus de nicotine qu’ils ne le faisaient il ya 15 ans en fumant la cigarette.
Il y a 15 ans, la Santé publique observe que 10 % des adolescents consomment de la nicotine. Aujourd’hui, ce chiffre s’élève à 18 %.
Dépendance
Olivier Tessier souligne que 60 à 70 % des personnes qui essaient la cigarette développent une dépendance à la nicotine.
Au niveau du vapotage, tout porte à croire que ce pourcentage-là doit être le même, sinon davantage, parce qu’au niveau des sels de nicotine, il y a une rapidité d’absorption qui est beaucoup plus importante
ajoute-t-il.
Les filles et la vapoteuse
La porte-parole de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, Flory Doucas, s’inquiète aussi que les filles utilisent davantage la vapoteuse que les garçons depuis les dix dernières années.
En 2016-2017, la consommation de vapoteuse était plus élevée chez les garçons. Cette tendance s’est inversée, d’après les données les plus récentes de la Santé publique.

Les filles sont plus nombreuses que les garçons à vapoter. (Photo d’archives)
Photo : getty images/istockphoto / Igor Ilkov
Les jeunes filles utilisent notamment les produits vapotages, ou ne cessent pas les produits de vapotage, en disant qu’elles craignent de prendre du poids, ou que c’est une façon pour elles de gérer le poids
explique Flory Doucas.
La Santé publique a mis en place plusieurs mesures de promotion, en collaboration avec le milieu scolaire, pour tenter de retarder l’initiation à la nicotine chez les adolescents; notamment renforcer les compétences psychosociales des jeunes et leur capacité à dire non.
Contrairement à la croyance populaire, les fumeurs n’inhalent pas seulement de la vapeur d’eau avec la vapoteuse. Ce sont sensiblement les mêmes produits nocifs qui se retrouvent dans les cigarettes et dans les vapoteuses.
Source : Santé publique de l’Estrie
