« Maintenant, ça suffit ! » Laurent Wauquiez tape du poing sur la table. La nouvelle offre de Paris n’a pas plu à l’ancien président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. En ce début de semaine du 18 mai, Marie Barsacq a annoncé la candidature « spontanée » de la capitale pour accueillir le tournoi féminin de hockey sur glace en plus du masculin lors des prochains Jeux olympiques d’hiver, en 2030 dans les Alpes françaises.
Un lobbying qui n’est pas du goût de l’actuel député LR de Haute-Loire, à l’initiative de ces Jeux avec Renaud Muselierprésident de la Région Sud : « Nous nous sommes battus pour ramener la flamme à la maison, ce n’est pas pour qu’ensuite, elle finisse à Paris. Ils ont eu leurs Jeux olympiques, c’est très bien mais, maintenant, ça suffit », insiste-t-il ce 23 mai au Dauphiné Libéré. Il était déjà monté au créneau, deux jours plus tôt, lors d’une réunion publique à Annecy aux côtés de Fabrice Pannekoucké qui l’a succédé à la présidence de la Région.
Alors que la carte des sites entre dans le sprint final avec une validation attendue fin juin, Laurent Wauquiez exprime « ce coup gueule », en ayant « assez de ce parisianisme ». « Dans ce pays, Paris veut tirer la couverture à soi. Face à beaucoup de pression que j’ai trouvé un peu indécente, je dis stop. Nous sommes tout à fait capables d’accueillir les disciplines de glace (à l’exception du patinage longue distance normalement prévu aux Pays-Bas, NDLR) dans nos deux régions », insiste l’élu.
Mais que vient faire Paris dans le projet des Alpes 2030 ? Le comité d’organisation, présidé par Edgar Grospirona dû revoir ses plans après l’élection d’Éric Ciottien mars, à la mairie de Nice. Pour ce dernier, hors de question de priver le club de football niçois de son stade, l’Allianz Rivieria, pendant plusieurs mois. Une infrastructure qui devait servir d’écrin pour le tournoi de hockey sur glace avec des patinoires provisoires.
« Nous ne voulons pas de Jeux hors sol. Paris, c’est donc hors de question »
Faute de pouvoir utiliser à une telle solution, le Cojop a dû activer d’autres options ailleurs. Lyon, avec entre autres la LDLC Arena de Décines, est sur les rangs tout comme Paris Entertainment Company.
Dirigée par Marie Barsacqla société parisienne est candidate au tournoi de hockey masculin avec l’Accor Arena. Cette semaine, elle a fait savoir qu’elle pouvait également accueillir la compétition féminine avec l’Adidas Arena. L’ancienne ministre des Sports a notamment mis des arguments financiers dans la balance : « Certains partenaires ne trouvent pas aujourd’hui les raisons suffisantes pour s’engager (dans les Alpes 2030, NDLR) parce que le projet aujourd’hui est organisé dans deux Régions et ils n’ont pas la garantie d’avoir ce rayonnement national du projet. En fournissant la ville de Paris sur la carte des sites, on maximise les opportunités pour les partenaires d’activer leurs marques sur tout le territoire français. »
Sauf que pour Laurent Wauquiezce n’est pas le sujet : « Nous sommes très reconnaissants envers ces propositions mais nous n’en avons pas besoin. Nous voulons un événement joyeux, convivial et qui soit enraciné dans nos régions. Nous ne voulons pas de Jeux hors sol. Donc, Paris, c’est hors de question. »
Si le message politique au mérite d’être clair, il ne peut pas cacher l’enjeu capital des tournois de hockey sur glace. Ces épreuves représentent plus de 30 % des recettes de la billetterie. À l’aune de ce critère, les jauges des deux patinoires de compétition de hockey et leur localisation constituant un des dossiers brûlants de la carte des sites.

