La guerre en Ukraine a fait plus de deux millions de victimes militaires russes et ukrainiennes – blessés, tués et disparus confondus – selon une étude publiée mercredi 1er juillet. Avec 1,4 million de victimes dont 400 000 à 450 000 morts, la Russie a subi le plus gros des pertes depuis l’invasion de l’Ukraine il y a plus de quatre ans.
Un bilan humain toujours plus vertigineux. L’invasion de l’Ukraine par la Russie a fait plus de deux millions de victimes militaires dans les deux camps, selon une étude du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) publié le 1er juillet 2026.
Depuis février2022, ce sont les forces russes qui paient le plus lourd tribut humain. Le pays compte environ 1,4 million de pertes, incluant les tués, les blessés et les disparus. En tout, le nombre de soldats russes tués au combat s’élève entre 400 000 et 450 000.
C’est plus de quatre fois supérieur au nombre total de morts américains tous conflits confondus, depuis la Seconde Guerre mondiale. Et plus de neuf fois supérieur à celui de l’ensemble des guerres russes et soviétiques combinées depuis la Seconde Guerre mondiale.
Plus de pertes que de recrues
“Aucune grande puissance n’a subi, dans aucune guerre, un nombre de blessés ou de morts ne s’approchent de ces chiffres” depuis 1945, écrit le rapport, qui qualifie ces pertes de “saisissantes“.
Les forces ukrainiennes enregistrent de leur côté entre 525 000 et 625 000 pertes globales. Le nombre de militaires ukrainiens tués s’élève à un niveau situé entre 125 000 et 150 000.
Le rapport de pertes entre la Russie et l’Ukraine a atteint environ huit contre un au cours du premier semestre 2026. “Le nombre mensuel de victimes en Russie dépassait les 30 000 en 2026”écrit le CSIS, ce qui est “probablement supérieur au nombre de nouvelles recrues, qui s’élèvent à environ 27 000 par mois”.
Une stratégie militaire coûteuse en vies
Comment expliquer une telle différence ? D’après le rapport, la réponse à cette question est multifactorielle. Le cercle de réflexion américain cite, parmi les principales raisons, “la stratégie d’usure de la Russie, son incapacité à mener efficacement des opérations interarmes et interarmées, la médiocrité de ses tactiques et de son entraînement ainsi que la corruption et le moral en berne” de ses soldats.
Sur le champ de bataille, l’état-major russe ordonne régulièrement à de petites escouades d’infanterie peu entraînées d’avancer vers les lignes ukrainiennes pour effectuer des reconnaissances par le feu. Une fois les positions ukrainiennes identifiées, d’autres soldats sont envoyés à l’assaut, soutenus par l’artillerie et des bombes planantes. Mais cette tactique de reconnaissance, bien qu’efficace, entraîne sans surprise un nombre élevé de morts et de blessés.
Des incursions en “zone de mort”
D’autant que, face à ces assauts, l’Ukraine a déployé une défense en profondeur fortifiée composée de tranchées, de mines, de barrières antichars mais surtout de drones. À l’Est, ces derniers saturent complètement la ligne de front, créant ainsi une “zone de mort” sur 20 à 40 kilomètres.
À la différence de l’Ukraine, qui ne déploie aucune infanterie dans ce périmètre, les forces russes font fi du taux de mortalité énorme et peuvent y envoyer jusqu’à six soldats à la fois. Selon les estimations, plus de 90 % des pertes russes proviendront ainsi des attaques de drones plutôt que des combats directs.

