- La guerre au Moyen-Orient entre ce samedi 28 mars dans son deuxième mois.
- Depuis 30 jours, le conflit vit au rythme des déclarations et des volte-face de Donald Trump.
Voilà un mois que la guerre au Moyen-Orient a éclaté. Le samedi 28 févrierIsraël et les États-Unis attaquaient l’Iran, qui a riposté. Depuis, la région est plongée dans un conflit dont l’issue demeure incertaine. Le président américain Donald Trumpqui a souvent déclaré le régime iranien et sa volonté de se procurer l’arme nucléaire, ne cesse d’afficher sa confiance. Mais au fil du mois de mars, le récapitulatif de ses propos montre un chef d’État souvent contredit… et parfois par lui-même.
Une guerre “quasiment” finie toujours en cours
À l’image de la durée de son opération militaire. Le 1ᵉʳ mars dernier, le locataire de la Maison Blanche évoquait une guerre d’un mois. “Ça a toujours été un processus de quatre semaines, alors – aussi fort qu’est (l’Iran), le pays est grand -, ça prendra quatre semaines ou moins”
indiquait-il au Courrier quotidien
. Une semaine plus tard, il estimait que ce délai était finalement trop important en raison de l’avancée des opérations. La guerre est “quasiment”
fini, le conflit est “très en avance”
sur le calendrier évoqué auparavant, affirme-t-il à CBS.
Quatre semaines plus tard, le conflit est toujours en cours. “Nous sommes sur le point d’atteindre nos objectifs alors que nous envisageons de réduire progressivement nos importants efforts militaires au Moyen-Orient contre le régime terroriste iranien”
écrirait-il, le 20 mars, sur sa plateforme Truth Social. Avant d’indiquer trois jours plus tard que les États-Unis allaient “continuer à bombarder allègrement”
l’Iran, si les négociations en cours avec un groupe de dirigeants iraniens non identifiés échouent.
“On n’a personne à qui parler” malgré “de très bonnes discussions”
Les négociations, justement, semblent toujours aussi mystérieuses. En un mois, Israël et les États-Unis ont été tués la plupart des dirigeants du régime iranien. Ce qui n’empêche pas le milliardaire républicain d’affirmer que les négociations sont en cours… après avoir soufflé le chaud et le froid. “Ils veulent parler”
assuré-il, le 1ᵉʳ mars, auprès de L’Atlantique
. “J’ai accepté de parler, donc je vais leur parler.”
À peine 48 heures plus tard, Donald Trump déclare avoir changé d’avis. “Leur défense aérienne, leur armée de l’air, leur marine et leur commandement sont anéantis. Ils veulent discuter. J’ai dit : ‘Trop tard !'”
écrit-il sur Truth Social. “Il n’y a personne à qui parler. On n’a personne à qui parler. Et vous savez quoi ? Ça nous convient très bien comme ça”
poursuivait-il auprès de journalistes à la Maison Blanche, dans les jours suivants.
Pourtant, à en croire le président américain, des échanges ont bien eu lieu. “Je suis content de rapporter que les États-Unis et l’Iran ont eu, ces deux derniers jours, de très bonnes et productives discussions pour une cessation totale et complète de nos hostilités au Moyen-Orient”
lançait-il, le 23 mars, sur son réseau social. L’Iran, de son côté, continue de nier toute négociation.
“Pas besoin d’une aide” mais “vivement encouragée”
Flou, un peu comme sa position sur le crucial détroit d’Ormuz. Mi-mars, il réclamait l’aide des alliés des États-Unis. “De nombreux pays vont envoyer des navires de guerre, en collaboration avec les États-Unis, pour maintenir le détroit ouvert et sûr”
promettait Donald Trump le 14 mars. “Nous encourageons vivement les autres pays à s’impliquer avec nous, et à s’impliquer vite et avec beaucoup d’enthousiasme”
poursuivait-il deux jours plus tard.
Face à une fin de non-recevoir de la plupart des pays, pas la Francele locataire du Bureau ovale a finalement rectifié ses propositions. “Nous n’avons plus besoin et nous ne voulons plus de l’aide des pays de l’Otan”
pestait-il. “Nous n’en avons jamais eu besoin.”
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Ces derniers jours, ses nouvelles menaces envers l’Iran vont dans la même direction. Donald Trump a ainsi prévenu Téhéran, le 21 mars, que les États-Unis allaient “anéantir”
les centrales électriques du pays, si le détroit d’Ormuz n’était pas rouvert. Depuis, cette voie névralgique du commerce mondial d’hydrocarbures n’a toujours pas été libérée. Mais Trump a repoussé son ultimatum : d’abord de “cinq jours”
puis désormais au 6 avril. Une bouffée d’oxygène pour les cours du pétrole et les marchés financiers mondiaux, qui varient au même rythme que les déclarations du président américain : sans direction claire.

