Dans Oiseau tiré du roman Impossible adieux, Julie Deliquet propose une lecture-performance du premier chapitre du roman de l’autrice et prix Nobel de littérature Han Kang.
Après l’anglais, l’espagnol et l’arabe, c’est le coréen qui était la langue invitée pour cette édition des années 80 du Festival d’Avignon. À cette occasion et sur commande de Tiago Rodrigues, Julie Deliquet a mis en lecture en français et en coréen, le premier chapitre Oiseautiré du roman Impossible adieux de la Coréenne Han Kang et pour lequel elle a remporté en 2021 le Prix Nobel de Littérature.
Dans ce roman, elle tente d’approcher par la fiction, la tragédie du soulèvement de Jeju en République de Corée…
Un matin, Gyeongha reçoit un message de son amie Inseon, qui vit sur l’île de Jeju. Elle s’est sectionnée les doigts et elle est hospitalisée sur le continent. Elle demande de se rendre à Jeju afin de nourrir son petit perroquet blanc laissé à son domicile. Gyeongha prend l’avion. Elle arrive sur l’île dont la végétation luxuriante a été envahie par une tempête de neige.
Gyeongha découvre à son arrivée comment l’histoire familiale d’Inseon s’entremêle à l’un des pires massacres de l’histoire coréenne – le massacre de Jeju, une île coréenne – et dont le nombre de victimes s’élève à 30 000.
Le massacre de Jeju désigne une répression sanglante qui a retenu en Corée du Sud sur l’île de Jeju après la Seconde Guerre mondiale après que la Corée s’est libérée du joug japonais.
À l’origine, des habitants et des groupes de gauche protestent contre la division de la Corée et contre les élections séparées au Sud. Le soulèvement est alors écrasé par l’armée et les forces de sécurité sud-coréennes. De très nombreux civils sont arrêtés, torturés et exécutés, des villages sont détruits. Les historiens précisent que des dizaines de milliers de personnes ont été tuées sans qu’un chiffre exact puisse être donné. Longtemps censuré et tabou, cet épisode n’a été reconnu que tardivement, et fait aujourd’hui l’objet de commémorations et de travaux de mémoire.
L’actrice française Isabelle Huppert et l’actrice coréenne Hyeyoung Lee mettent en voix en français et en ce coréen texte mémoriel, révélant les motifs récurrents qui traversent l’œuvre de Han Kang : traumatismes de l’histoire, fragilité de l’être, croyance absolue en la vie…
Han Kang ou Han coréen Gang (en : 한강), née le 27 novembre 1970 à Gwangju, est une romancière sud-coréenne. Elle reçoit le prix Nobel de littérature en 2024.
Invité : Julie Deliquet, metteuse en scène française, fondatrice du collectif In Vitro, Julie Deliquet crée des pièces à l’inspiration cinématographique : Fanny et Alexandre d’Ingmar Bergman à la Comédie-Française en 2019, Un conte de Noël d’après le film d’Arnaud Desplechin. Elle crée en 2025 La guerre n’a pas un visage de femme de l’autrice prix Nobel de littérature Svetlana Alexievitch. Elle a dirigé le Théâtre Gérard Philipe à Saint-Denis en 2020, avant de prendre la direction du Théâtre national de la Colline en mars 2026.

Julie DELIQUET © Pascal Victor
Et Fanny Imbert nous emmène voir le spectacle Neige, neige, neigede Lee Jaram d’après Maître et serviteur de Léon Tolstoï.
Un spectacle qui suit l’histoire d’un marchand Cupide et de son serviteur pris dans la tempête…
Programmation musicale :
L’artiste Claire Diterzi avec le titre Ma bouche, ton écluse.

