Alors que Donald Trump a annoncé l’interruption de l’opération “Project Freedom” dans le détroit d’Ormuz, l’Iran indique mettre en place un nouveau mécanisme pour superviser le trafic maritime dans le chenal maritime.
L’essentiel
- La guerre en Iran entre dans son 68e jour ce mercredi 6 mai 2026. Lors d’un point presse à la Maison-Blanche, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a assuré que la phase offensive était “finie” en Iran. “L’opération ‘Fureur épique’ est finie, comme le président l’a signifié au Congrès. Nous avons passé ce stade”, a-t-il déclaré. Dans le même temps, des négociations secrètes se poursuivent sur le plan de paix proposé par Téhéran à Washington. Le ministère des Affaires étrangères iraniennes a fait savoir que les propositions du régime des mollahs avaient fait l’objet d’une réponse étayée des États-Unis et qu’elle est actuellement à l’étude. Il est cependant “impossible de céder aux exigences unilatérales américaines”, pour l’instant, estime le président iranien Massoud Pezeshkian.
- Au Liban, le cessez-le-feu est toujours fragile. L’armée israélienne poursuit ses frappes dans le sud du Liban et le Hezbollah a affirmé avoir lancé 18 attaques distinctes contre les forces israéliennes au cours de la dernière journée. Israël a également approuvé un contrat de plusieurs milliards d’euros avec les États-Unis pour l’acquisition de deux nouveaux escadrons de chasseurs-bombardiers, qui va, selon le premier ministre Benjamin Netanyahou, renforcer la « supériorité aérienne écrasante » du pays.
- Le détroit d’Ormuzl’axe maritime par lequel transite d’ordinaire 20% de la consommation mondiale de pétrole, est toujours bloqué et soumis aux droits de passage à l’initiative de Téhéran. Donald Trump a annoncé hier la suspension “pour une courte durée” du “Projet Liberté” visant à escorter des bateaux à travers le détroit d’Ormuz en vue d’un accord pour mettre fin à la guerre avec l’Iran. En revanche, le “blocus demeure pleinement en vigueur”, at-il précisé. L’Iran, lui, a annoncé mardi soir un nouveau mécanisme de surveillance du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz : les navires souhaitant traverser le détroit présentent un courriel de l’Autorité du détroit du Golfe Persique détaillant la réglementation en vigueur et obtiendra éventuellement un permis de transit avant la traversée, révèle le New York Timesd’après un rapport de Press TV, le radiodiffuseur anglais d’État iranien.
- Bilan humain. Selon le groupe de défense des droits HRANA basé aux États-Unis, le conflit au Moyen-Orient a provoqué la mort de 3 500 personnes. Au Liban, 2 702 victimes sont recensées et 8 311 blessés, d’après l’Agence nationale de l’information (NNA).
En direct
11h28 – La Chine demande un arrêt “complet” et immédiat des combats au Moyen-Orient
Mercredi 6 mai, la position de Pékin sur le conflit au Moyen-Orient est claire : le ministre des Affaires étrangères chinoises, Wang Yi, qui s’est entretenu avec son homologue iranien Abbas Araghtchi réclame un arrêt “complet” et immédiat des hostilités et appelle les Etats-Unis et l’Iran à rouvrir le détroit d’Ormuz “le plus vite possible”. La Chine est “profondément préoccupée” par la guerre et rappelle la nécessité d’un “cessez-le-feu global”. Elle “considére qu’il faut parvenir sans délai à un arrêt complet des combats, qu’il est encore plus inacceptable de relancer les hostilités, et que continuer à négocier une demeure essentielle”, a déclaré Wang Yi, par voie de communiqué.
09:33 – Le porte-conteneurs français San Antonio touché, plusieurs blessés
Une cargaison appartenant à la compagnie française CMA CGM a bien été touchée mardi 5 mai dans le détroit d’Ormuz dans une “attaque” au cours de laquelle plusieurs membres de l’équipage ont été blessés. “Le groupe CMA CGM confirme que l’un de ses bateaux, le CMA CGM San Antonio, a été visé par une attaque hier alors qu’il naviguait dans le détroit d’Ormuz”, indique le groupe dans un communiqué ce mercredi 6 mai. Des “bénis parmi les membres d’équipage” ont été “évacués et soignés”, assure la compagnie française. Des “dommages” ont été causés au navire, apprend-on.
08h15 – 26 marins français bloqués à proximité du détroit d’Ormuz
Plusieurs médias américains et britanniques déclarent ce mercredi matin qu’un cargo français de la CMA-CGM aurait été visé par des tirs dans le détroit d’Ormuz. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, dit ne pas avoir eu confirmation de cette information mais “pense avoir l’armateur supposé” dans les heures qui viennent, indique-t-il au micro de Franceinfo. “Je ne peux pas vous confirmer (…) mais si c’était réellement réalisé, ça serait évidemment inadmissible”, a réagi, également sur France Info, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.
Le ministre précise qu’à l’heure actuelle, “il y a encore 59 navires dans le détroit à intérêt français” qui se trouvent bloqués et 26 marins français sur place, dans des conditions difficiles. “Ceux qui souhaitaient être remplacés l’ont été”, assure-t-il.
La situation dans le détroit d’Ormuz “Il ya encore 59 navires dans le détroit à intérêt français, 26 marins français. Les équipages sont des équipages minimums et ceux qui souhaitaient être remplacés l’ont été”, dit Philippe Tabarot, ministre chargé des Transports pic.twitter.com/8sLqHFIuRv
-franceinfo (@franceinfo) 6 mai 2026
08:03 – Le nouveau système de circulation dans le détroit d’Ormuz mis en place par l’Iran
Téhéran a annoncé mardi soir un nouveau mécanisme de surveillance du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz : les navires souhaitant traverser le détroit ont transmis un courriel de l’Autorité du détroit du Golfe Persique détaillant la réglementation en vigueur et obtiendront un permis de transit avant la traversée, révèle le New York Times, d’après un rapport de Press TV, le radiodiffuseur anglais d’État iranien.
Press TV indique que le mécanisme était “maintenant opérationnel dans le détroit d’Ormuz”, malgré le manque de détails à propos de cette nouvelle organisation. La marine du Corps des gardiens de la révolution islamique a émis mardi un avertissement aux navires qui tentaient de traverser le détroit, affirmant dans un message sur les médias sociaux que “la seule voie sûre était un couloir désigné par l’Iran” et qu’elle prendrait des “mesures contre tout navire qui s’écarte de cette voie”.
08:00 – La phase offensive en Iran est “finie”, annonce le secrétaire d’État américain Marco Rubio
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a assuré hier lors d’une conférence de presse que la phase offensive du conflit avec l’Iran était “finie”. “L’opération Fureur Épique est finie, nous avons passé ce stade”, précise-t-il. “Nous sommes désormais dans une situation uniquement défensive. Ce qui veut dire que nous ne frapperons pas en premier. Mais s’ils nous attaquent, nous répondrons”, at-il lâché depuis la Maison-Blanche.
07:57 – Le “Projet Liberté” suspendu “pour une courte durée”, annonce Trump
Donald Trump a annoncé hier la suspension “pour une courte durée” du “Projet Liberté” visant à escorter des bateaux à travers le détroit d’Ormuz en vue d’un accord pour mettre fin à la guerre avec l’Iran. “Suite à la demande du Pakistan et d’autres pays, compte tenu de l’immense succès militaire que nous avons remporté au cours de la campagne contre l’Iran et, par ailleurs, du fait que des progrès considérables ont été accomplis en vue d’un accord complet et définitif avec les représentants iraniens, nous avons convenu d’un commun accord que – bien que le blocus demeure pleinement en vigueur – le Projet Liberté serait suspendu pour une courte période, afin de déterminer si cet accord peut être finalisé et signé”, at-il écrit dans une publication sur ses réseaux sociaux.
Repères
Le début de la guerre en Iran, lancé par les Etats-Unis et Israël
Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une opération militaire conjointe de frappes sur l’Iran. Côté israélien, l’opération est nommée “Roaring Lion” (Lion rugissant), côté américain “Epic Fury” (“Fureur épique”). Les objectifs vont du renversement du régime à l’affaiblissement du programme nucléaire iranien, en passant par la destruction des capacités militaires de la République islamique, jugées comme une menace, notamment par Israël.
En plus de cibler l’arsenal iranien, la coalition israélo-américaine va mener une campagne d’élimination des dirigeants iraniens. Un nombre important de personnalités politiques du régime sont tuées dès les premières heures du conflit, dont le guide suprême Ali Khamenei. Son fils Mojtaba Khamenei, qui a repris le flambeau le 8 mars 2026, a lui aussi été ciblé et son état de santé va rapidement faire l’objet de spéculations.
La réplique de l’Iran et la contagion au Liban et au Moyen-Orient
Dès le 28 février 2026, l’Iran a répliqué aux frappes des Etats-Unis et Israël, en lançant des centaines de drones et missiles balistiques vers Israël et vers les bases militaires américaines dans le Golfe, en Jordanie, au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, en Irak, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.
Dans la nuit du 1er au 2 mars, en réponse à la mort d’Ali Khamenei, le Hezbollah, allié de l’Iran, a lancé depuis le Liban des salves de roquettes et de drones vers le nord d’Israël. L’armée israélienne a qualifié cette offensive de « déclaration de guerre officielle » et a lancé une vaste campagne de bombardements au Liban.
Le 2 mars 2026, l’Iran a fermé le détroit d’Ormuz, bloquant instantanément de nombreux navires de fret et pétroliers, et suspendant une partie importante du trafic pétrolier mondial. L’Agence internationale de l’énergie a qualifié cette fermeture de “plus forte perturbation d’offre de l’histoire”.

