AA / Paris, Istanbul / Umit Donmez et Mariem Njeh
Le président français Emmanuel Macron a dressé mardi le bilan du sommet du G7 d’Évian, saluant un moment “d’unité, de discussion de qualité et de vraie coopération”, à l’issue de deux jours de travaux marqués par les dossiers iranien, ukrainien et commercial.
Le dossier iranien
Le G7 a “unanimement salué le très bon accord entre les États-Unis et l’Iran”, obtenu par le président Trump, a déclaré Emmanuel Macron. “C’est un accord que nous soutenons parce que c’est un accord qui met fin à une situation de très grande instabilité”, souligne le chef d’État français.
Macron a réaffirmé que “le droit de passage en transit sans entrave, sans redevance, à travers le détroit d’Ormuz” constitue “la pierre angulaire” de cet accord, dont la mise en œuvre “commence dès maintenant”.
Il a fait état de “la disponibilité” d’une coalition multinationale, co-bâtie par la France et le Royaume-Uni, pour “faciliter la reprise du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, en protégeant les navires marchands”. “Une vingtaine de pays ont d’ores et déjà indiqué leur engagement ferme de contribution à une telle opération”, a-t-il précisé.
Il a également souligné que la question de l’uranium enrichi iranien sera traitée dans le cadre d’un accord nucléaire “qui doit être finalisé au plus tard sous 60 jours”, précisant que “plusieurs modalités techniques” sont envisagées, “soit de la dilution sur place, soit du transfert sous l’autorité de l’AIEA”. “Elle ne peut pas être laissée ouverte”, a-t-il insisté.
Le G7 s’est également engagé dans “la diversification des voies d’approvisionnement énergétique pour réduire nos vulnérabilités liées au détroit d’Ormuz”, en finançant “l’ensemble des voies alternatives de circulation du gaz, du pétrole”.
La situation au Moyen-Orient : Gaza et le Liban
Le chef de l’État français a souligné “la nécessité de défendre l’intégrité territoriale, la souveraineté du Liban”, appelant à “un cessez-le-feu solide et immédiat, qui est une urgence absolue”. “Il ne faut plus que l’Iran frappe le territoire, il ne faut plus que le Hezbollah lance des activités depuis le sol libanais contre Israël, il ne faut plus qu’Israël réagisse immédiatement. C’est un appel au calme de tous”, a-t-il déclaré.
Sur Gaza, les membres du G7 se sont engagés à « accélérer les efforts humanitaires et de reconstruction » et ont « appelé à mettre un terme aux violences en Cisjordanie ».
La guerre russo-ukranienne
Emmanuel Macron a annoncé un renforcement du soutien militaire du G7 à l’Ukraine, les membres du groupe étant “tous convenus d’élargir la fourniture de capacités de défense aérienne, de systèmes et d’intercepteurs supplémentaires, ainsi que de capacités de longue portée”.
“C’est la première fois que nous avons une telle convergence en G7”, a souligné le Président français.
Macron a dressé un constat sans appel sur les efforts de paix : “Ça fait des mois que les États-Unis ont pris l’initiative de discuter avec la Russie. Quelle a été la réponse ? Rien.” Il a indiqué que le président américain Donald Trump, “comme nous tous”, avait “acte qu’il n’y avait pas de volonté sérieuse de la Russie de discuter de la paix”.
Le G7 a par ailleurs agi un renforcement des sanctions contre Moscou, notamment, souligne Macron citant la saisie récente d’un navire de la “Shadow Fleet” par les autorités françaises, puis une opération similaire similaire à la coopération britannique. Le groupe s’est également engagé à soutenir les infrastructures énergétiques ukrainiennes en vue de l’hiver prochain, et à finaliser la “mise en sûreté et sécurité des équipements de Tchernobyl”.
Commerce et tarifs américains
“En aucun cas, entre partenaires, on ne doit s’imposer des tarifs ou s’imposer de l’instabilité”, a affirmé Emmanuel Macron, qui a dit avoir discuté avec Donald Trump de ce “qui pouvait être des points d’incompréhension”. Le président américain avait menacé les vins français de droits de douane à 100%.
La relation avec la Chine
“Ce G7 n’a jamais été en aucun moment anti-chinois, parce que ce n’est pas la position de la France. C’est inacceptable de dire ça”, a affirmé Macron. “Nous sommes conscients des différences que nous avons avec la Chine, en particulier nos rapports aux valeurs démocratiques, des désaccords qu’on peut avoir là aussi, mais il y a toujours une politique de respect.”
Sur les déséquilibres économiques, le Président français a énoncé un triple constat : “La Chine doit traiter le problème des surcapacités, des sursubventions et du manque de consommation domestique. Les Européens doivent investir davantage et moderniser et simplifier leurs économies. Et les États-Unis doivent traiter la question des déficits jumeaux.”
Sur les critiques des minéraux, Macron a averti : “Nous sommes tous face à des risques de surdépendance, et donc de vulnérabilité de nos chaînes de valeur.” Neuf déclarations ont été “adoptées de manière unanime par les dirigeants du G7”, portant notamment sur les minéraux critiques, la lutte contre le narcotrafic et la protection des mineurs en ligne.
Intelligence artificielle
Le G7 est en train de bâtir “une plateforme de discussion et de coopération face aux risques de l’IA” afin de “définir des normes communes et partager, en matière de cybersécurité, les impacts et donc les bonnes réponses”, a annoncé Macron.
Macron a remercié l’ensemble des équipes ayant œuvré à la préparation du sommet, saluant un G7 tenu “dans un contexte extrêmement difficile de fragmentation du monde, de crises multiples, de conflits”. “Ce G7 est objectivement un succès”, a-t-il souligné.
